Publié le jeudi 01 juillet 2010 à 11H03
ENTRETIEN. Par souci de neutralité, Adolphe Colrat, haut-commissaire de la République, n'a pas participé à la célébration du 29-juin, expliquant hier à la sortie d'une conférence de presse qu'un représentant de l'État n'a pas sa place dans “un rassemblement de nature politique”.
L’ESSENTIEL
- Concernant son absence à la célébration du 29-juin, Adolphe Colrat, haut-commissaire de la République, a souligné que le représentant de l'État “n'a pas vraiment sa place dans une manifestation qui a notamment un caractère politique”.
- Ajoutant que “le représentant de l'État n'a pas à prendre parti dans les querelles politiques”
- Quant à son départ, il n'en est pas encore question, explique-t-il. “Je ne sais pas combien de temps encore je resterai en Polynésie française, deux mois, un an, je n'en sais rien. Et c'est très bien ainsi”
Quelles seront les festivités du 14-juillet ?
“Lors de notre prochaine fête nationale, la traditionnelle réception au haut-commissariat n’aura pas lieu car tout simplement, dans le contexte national que nous connaissons, le président de la République a demandé à l’ensemble des ministères de faire preuve d’exemplarité en matière de gestion de deniers publics. Nos compatriotes, ceux en particulier qui souffrent très durement de la crise, ne comprendraient pas qu’on donne le sentiment de gaspiller l’argent public. Je souhaite que l’on soit nombreux lors du défilé militaire qui est évidemment maintenu. Mais nous n’aurons pas de réception. Je crois que nos concitoyens comprendront ce souci de rigueur dans la gestion des deniers publics dans cette période de crise très sérieuse à laquelle nous devons faire face ensemble.”
Quel est le budget pour ce genre de réception ?
“Le budget s’élevait au hautcommissariat à environ 40 000 euros (4,7 millions de Fcfp, NDLR).”
C’est dans cet état d’esprit que vous n’avez pas participé à la célébration du 29-juin ?
“Ça n’est pas la même chose puisque l’an dernier, je n’avais pas non plus participé à la Fête de l’autonomie. Il y a une forme d’ambiguïté. Il y a d’un côté la fête de l’autonomie mais il y a également ce que l’on appelle le rassemblement des autonomistes, de la famille autonomiste. Et de ce point de vue, c’est une manifestation qui présente un caractère politique. Il est parfaitement légitime pour une famille politique de se rassembler, mais chacun comprend très bien que lorsqu’il y a rassemblement de nature politique, ce n’est pas la place du représentant de l’État. Il est au-dessus des partis, et n’a pas à prendre lui-même partie dans les querelles politiques. Ce n’est pas son rôle. Il n’y a aucune animosité de ma part à l’égard de qui que ce soit, je respecte l’autonomie de la Polynésie française. Nous avons de multiples occasions de travailler ensemble et de manifester la réalité de ce respect de l’autonomie de la Polynésie française. On me voit très souvent à la présidence de la Polynésie. Il n’y a aucune bouderie à l’égard du gouvernement, mais pour la manifestation de mardi, il m’appartenait de savoir si ma présence était opportune ou non. J’ai considéré que je n’avais pas vraiment ma place dans une manifestation qui avait notamment un caractère politique. Le représentant de l’État devait s’abstenir.”
Que répondez-vous à Oscar Temaru qui accuse l’État de vouloir diviser la Polynésie ?
“La mission confiée à M. Jacques Barthélémy n’a pas rendu ses conclusions. Je pense que ce sera le cas dans quelques jours, comme prévu. Il remettra ses conclusions à la ministre chargée de l’Outre-mer. J’imagine qu’on trouvera dans les propositions de la mission différents scénarios. Je pense qu’il est prématuré de s’insurger contre des conclusions qui n’ont pas été remises. On peut, effectivement, imaginer différents scénarios s’agissant du mode de scrutin qui va être l’une des questions importantes. Il y a deux grandes familles de scrutin. Il y a le scrutin proportionnel, éventuellement corrigé d’une prime majoritaire, il y a aussi le scrutin majoritaire, où là, on peut raisonner par circonscriptions. En essayant, circonscription par circonscription, avec le scrutin majoritaire, de favoriser l’émergence d’une majorité stable et solide. C’est l’objectif que l’ensemble des formations politiques de la Polynésie veulent atteindre : donner au gouvernement de la Polynésie une stabilité. Il y a différents moyens pour y parvenir. On a suffisamment dit que le mode de scrutin ne faisait pas tout, il y avait aussi la responsabilité des hommes et des femmes choisis par leurs concitoyens, un élément fondamental dans la stabilité à laquelle nous aspirons. Le moment n’est pas venu de redouter de décisions qui n’ont pas été prises.”
Oscar Temaru a également traité Gaston Tong Sang de “mannequin de l’État”.
“Il faut faire la part des choses, la polémique fait partie de la vie politique. En ma qualité de représentant de l’État, je ne me situe pas sur ce terrain-là. Je ne suis pas engagé dans la vie politique. Je n’ai pas à commenter chaque déclaration. Les hommes politiques sont libres d’exprimer ce que sont, à un moment donné, leurs convictions, leurs opinions, leurs façons de voir. M. Temaru, en l’occurrence, est dans son rôle.”
On parle de votre départ. Il est prévu pour quand ?
“Le corps préfectoral relève d’une gestion par décret en conseil des ministres. On observe dans les postes comme celui que j’occupe, qu’en général, le préfet ou le haut-commissaire reste au moins deux ans, pas plus de trois ans et entre les deux, il n’y a pas de règle. Comme on le dit, les préfets et les hauts-commissaires sont à la disposition du gouvernement. Il appartient au gouvernement de choisir le moment et les circonstances. J’accepte parfaitement cette règle du jeu. Mais aujourd’hui, je ne sais pas combien de temps encore je resterai en Polynésie française, deux mois, un an, je n’en sais rien. Et c’est très bien ainsi.”
Propos recueillis par LR
Certains autonomistes s’étonnent
La fête du 29-juin n'en a pas été une : Gaston Flosse a fait un petit tour et puis s'en va, les deux députés avaient d'autres priorités et la population n'a pas eu le coeur à venir. La foule des grands jours n'était pas au rendez-vous. Une autre absence a fait parler : celle d'Adolphe Colrat, le haut-commissaire. Une absence qu'Édouard Fritch a “déploré du fond de [son] coeur car dans tous les discours que vous avez entendus, on a rappelé ce partenariat fort, que la Polynésie fait partie de la République”. Même son de cloche pour Jean-Christophe Bouissou, qui “trouve cela dommage car l'autonomie est reconnue par la Constitution française. Nous sommes une collectivité autonome, prévue par la Constitution française et nous sommes une collectivité de la République. Au même titre que lorsqu'on commémore d'autres fêtes, il est bien évident que les symboles de la République doivent être aussi représentés”. Gaston Tong Sang a, lui, estimé que “la Polynésie fait partie intégrante de la République française”, et pense “qu'ils ont eu des indisponibilités, ce qui peut arriver”.








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Commentaires anonymes
04/07/2010 à 11h47
Entièrement d'accord avec Rebneri et titaina.
Nous nous trompons peut-être de référendum. Nous devrions d'abord demander à la France et aux français qu'ils clarifient leur position et disent s'ils veulent en finir avec la Polynésie ou pas (et ses DOM, dans la même situation). Que nous sachions définitivement qui nous sommes à leurs yeux et où nous allons. Nous pourrons alors prendre les décisions qu'ils nous imposent et agir en connaissance de cause et en conséquence. Je t'aime un jour et va te faire voir le lendemain, ça commence à bien faire.
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02/07/2010 à 13h13
Le Tavana Hau se devait de représenter l'Etat ... il a été nommé pour représenter l'Etat à cette fête.
Les salariés tributaires du gouvernements polynésiens, les EVASAN polynésiens ... attendent leurs salaires ... car le gouvernement change, les instituts changent, les donneurs d'ordre changent ... BREF : c'est le bor...del !
Maururu
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02/07/2010 à 12h25
ici quand on parle de partenariat ,on pense a l'ouverture des pompes a pognon, c'est automatique et ca deviens génétique!;D
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02/07/2010 à 11h10
A quand la fête de l'indépendance pour qu'on se ruine davantage?
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02/07/2010 à 09h57
Ils étaient bien deux à faire le bébé, l’Etat et le Pays. La conséquence toute logique est qu’ils se doivent de l’assumer ensemble jusqu’au bout. Or Colrat qui rappelle ce Partenariat à toutes ses interventions télévisées a une attitude désinvolte pour ne pas dire provocante quand il dédaigne cet anniversaire alors qu’il est de son devoir d’y être. Et qu’il boude ou pas, que le bébé soit né le bon jour ou pas comme nous l’avons lu par ailleur, cela importe peu.
A moins que la France sarkoziste ait définitivement décidé de jouer la Rupture et la mère indigne! Dans ce cas, qu’elle le fasse savoir une bonne fois pour toute. Et que Colrat cesse de nous rabattre les oreilles de son partenariat qui n’existe plus et ne s’offusque plus d’évidences tel le désengagement de l’état devenu quasi incontestable dans ses décisions et actions.
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01/07/2010 à 21h22
La célébration de l'Autonomie,un acte Politique(dixit Colrat).
Donc Autonomie,n'est que bout de Papier,puisqu'il n'y a pas besoin de respecter!!!!!!......
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01/07/2010 à 17h58
Le haut-commissaire tape à côté de la plaque en évoquant la caractère politique de la fête de l'autonomie. Sa neutralité apparaît en fait comme de la pusillanimité, déjà constatée au demeurant à l'occasion de la dernière grève. L'autonomie même si elle ne marche pas bien, existe et l'Etat y est pour quelque chose puisque c'est lui qui a concédé les différents statuts d'autonomie. Il est grand temps à mon sens que cet homme rentre au bercail.