Six mois ferme requis contre Rere

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Publié le mercredi 27 janvier 2010 à 14H38

TRAVAIL CLANDESTIN. Le procureur de la République a requis six mois de prison ferme et 180 000 Fcfp d'amende à l'encontre de Léonard Puputauki et Jacques Auraa, pour travail dissimulé lors de trois convoyages de thoniers en 2003 et 2005. Le tribunal correctionnel rendra son délibéré le 2 mars prochain.

L’ESSENTIEL

  • Le procureur de la République, José Thorel, au cours de son réquisitoire a dénoncé des “conditions très dures, à la limite de l'esclavagisme”
  • Il leur est reproché d'avoir employé clandestinement 66 marins. 41 anciens marins se sont constitués partie civile
  • Aucun contrat de travail, ni fiche de paie n'a été réalisé. Beaucoup de marins se plaignent de ne pas avoir été rémunérés

Le procureur de la République a requis hier matin devant le tribunal correctionnel six mois de prison ferme et 180 000 Fcfp d'amende à l'encontre de Léonard Puputauki et Jacques Auraa pour travail dissimulé lors de trois convoyages de thoniers. Il leur est reproché d'avoir employé de manière clandestine pas moins de 66 marins. Le délibéré sera rendu le 2 mars prochain. Les faits reprochés aux deux hommes se sont passés en 2003 et 2005. Le 17 mars 2003, Léonard Puputauki, chef de service du GIP et gérant de l'EURL des Pêcheurs polynésiens, signe une convention au nom de l'EURL avec la Sem Tahiti Nui Rava'ai, qui a notamment pour actionnaire Rere, pour assurer le convoyage de cinq thoniers construits en Corée. Le convoyage est donc assuré par 25 marins entre le 10 juin et le 7 juillet 2003. Entre-temps, c'est Jacques Auraa, le gérant de Transocéan, une EURL employée de façon permanente par le Groupement d'intervention de Polynésie (GIP), qui a pris la tête de l'EURL. Celle-ci n'avait aucun marin salarié à l'époque. Léonard Puputauki a donc fait appel à 15 membres du GIP et à dix personnes sous contrat DIJ (dispositif d'insertion des jeunes) et CIG (chantier d'intérêt général).

“C'est le territoire qui paie les contrats DIJ et CIG pour une insertion sociale. Ils ne peuvent pas être mis à disposition d'une autre structure”, rappelle la présidente du tribunal Marie-Claude Pena. Elle poursuit : “Lorsque vous avez signé cette convention, vous le faites en tant que gérant de l'EURL, pourquoi retrouve-t-on quinze membres du GIP ?” “Personne d'autre ne pouvait le faire. Il n'y avait que le GIP qui avait les officiers diplômés nécessaires”, répond Rere aux côtés de Jacques Auraa, très silencieux au cours de toute l'audience. Lors du deuxième convoyage entre le 11 novembre et le 17 décembre 2003, “le maître d'oeuvre, c'est vous-même même si vous n'êtes pas le gérant”, rappelle la présidente du tribunal en s'adressant à Léonard Puputauki. C'est l'ancien patron du GIP, encore une fois qui recrute les marins et organise le convoyage. Sur les 29 marins, là encore, 12 sont membres du GIP et 11 sont des stagiaires. Pour le troisième convoyage, entre le 1er mars et le 15 avril 2005, la Sem Tahiti Nui Rava'ai signe cette fois une convention avec la société Shipchandler. “Mais le cas de figure est le même, rien ne change”, poursuit Marie-Claude Pena. 19 membres du GIP font, là encore, partie des 32 marins.

À chaque fois, le recours aux membres du GIP ou même des personnes sous contrat DIJ et CIG s'est fait en dehors du cadre légal. Ces marins et officiers n'ont sciemment pas été déclarés par Léonard Puputauki comme employés par l'EURL, ni à l'Enim (Établissement national des invalides de la marine), ni à la CPS. Aucun contrat de travail, ni fiche de paie n'a été réalisé. Certains marins assurent même ne pas avoir été rémunérés pour leur convoyage. La présidente du tribunal a lu hier des extraits des témoignages des marins. Les membres du GIP racontent comment Léonard Puputauki les a désignés pour réaliser ce convoyage et comment ils ont appris qu'ils avaient été mis en congés d'office pour réaliser ce travail. “J'ai été désigné pour aller chercher un thonier. Pour moi, c'était normal. Mon chef ne m'a pas demandé mon avis. Pour moi, c'était un travail du GIP, a expliqué l'un d'entre eux au cours de l'instruction. C'est seulement au retour que j'ai appris que j'avais pris deux mois de congés. Je n'ai rien dit. Ce n'était pas la peine. Nous aurions eu des ennuis. Nous étions plusieurs dans ce cas.”

Dans sa plaidoirie, Me Mazolli, avocat de 39 des 66 marins, a décrit un “dossier assez sombre” qui donne “le vertige pour les sommes en jeu et les ramifications”. Il est également revenu sur l'influence de Léonard Puputauki à l'époque. “Rere était un homme fort du pouvoir, il était incontournable”, décrit-il. Le procureur de la République José Thorel, au cours de son réquisitoire, a dénoncé des “conditions très dures, à la limite de l'esclavagisme”. Me Barmont, l'avocat de l'ancien chef de service du GIP, a ensuite pris la parole et a rappelé “l'attitude généreuse (de Rere) en tenant la main à ceux qui étaient tombés dans l'ornière”. “Le GIP, c'était aussi une lessiveuse sociale”, a-t-il décrit tout en ajoutant : “Je ne dis pas que Léonard Puputauki est le petit saint.”

MT

ME BARMONT, avocat de Léonard Puputauki

“On a fait ce qu'on a pu avec ce qu'on a pu”

Le procureur de la République a requis six mois de prison ferme contre M. Puputauki. Quelle est votre réaction ?

“C'est très sévère. Je crois qu'on n'a pas tenu compte du fait qu'il y avait des contingences liées à l'éloignement et que c'était la seule solution. Comme je l'ai dit tout à l'heure au tribunal, trouver un capitaine, ça ne se fait pas au coin de la rue. Il y avait des thoniers en Chine et en Corée, il fallait bien les amener ici. On a fait ce qu'on a pu avec ce qu'on a pu.”

Vous avez un évoqué “un système P, un système polynésien” au cours de votre plaidoirie. Que vouliez-vous dire ?

“Je crois que ce n'est pas un vieux vieux pays et qu'on rentre dans un temps beaucoup plus formaliste et exigeant où il y a beaucoup de textes. Où par conséquent, il faudra chaque fois avoir le réflexe de se demander ce que prévoit la loi, comment je dois faire... C'est ça le monde moderne. En France, il y a 18 000 lois et 36 000 décrets. (…)”

Propos recueillis par MT

TAHITI NUI IV

Demain devant la cour d'appel

Le procès en appel de Léonard Puputauki dans le dossier du Tahiti Nui IV aura lieu demain. Le naufrage du Tahiti Nui IV, le 2 septembre 2003, avait coûté la vie à sept personnes. Quatorze hommes avaient pu être sauvés. Il y a tout juste un an, le tribunal correctionnel a condamné Léonard Puputauki à cinq ans d'emprisonnement dont deux ans avec sursis et Yannick Boosie, son bras droit, à trois ans dont deux avec sursis pour homicide involontaire dans le cadre de cette affaire. Me Barmont, l'avocat des deux hommes, avait fait appel dès le jugement tombé. L'état du Tahiti Nui IV, un chaland de transport et de débarquement de la flottille administrative, vieux de 22 ans, avait fait l'objet d'un rapport d'expertise accablant (rendu en janvier 2005) de la part du BEA mer (bureau d'enquête accident). “Le Tahiti Nui IV n'a pas bénéficié, au cours des derniers mois de son activité, d'un entretien suffisant, au regard de ses contraintes d'accostage, et il était devenu progressivement innavigable”, indiquait le rapport.

Mélanie Thomas
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Commentaires anonymes

28/01/2010 à 16h41

Toute la French Connection est au rendez-vous pour applaudir des deux mains le lynchage de tous ces polynésiens comme Rere Puputauki et les GIP pour avoir travaillé au développement de notre Pays "dans des conditions un peu trop dures". Thorel après s'en être bien servi se lave les mains.
De "l'esclavagisme"! Et croyez bien que la France connait un morceau en la matière.
And for sure, quand Nisha dévastera nos îles, nous ne risquons pas de voir leurs militaires et gendarmes bosser aussi durement qu'eux. Ils se contenteront de donner des ordres et pointer les tôles perdues et se dénicheront des slaves pour patauger dans la gadoue.
Et etn, cessez donc de nous faire le coup des "pauvres tetuanui" dont vous n'avez que faire si ce n'est nous faire ingurgiter votre message de haine. Waste of time and dignity, we're not stupid!
Nous doutons que vos dirigeants d'Air France soient seulement inquiétés quand ils ont des centaines de morts sur la conscience pour des économies de bouts de chandelle.

Commentaires anonymes

28/01/2010 à 07h17

Tu détournes 182.000.000 XPF + 92.000.000 XPF et tu es condamnés à 180.000 XPF d'amende et 6 mois de prison ferme... rentable l'affaire !

Il vaut mieux détourner des centaines de millions qu'être à découvert sur son compte ou de ne pas payer ses échéances de prêt !

28/01/2010 à 07h02

Au regard de ce qu'il a commis comme dégats irréparables, à mon avis, xxxxxxxxxxxxxxxxxxxx, 6 marins périrent sous sa responsabilité, des familles lésées pour la vie, 4 autres marins GIP décédes sous des circonstances encore non élucidées, ces thoniers chinois où des "petit tétuanui" innocents, auraient été lésés par ignorance par l'Amiral Rere, en leur promettant ceci ou cela, l' Office central du GIP et de toute la flotille du pays, et de ses réseaux clandestins, où Rere, alias l'Amiral Puputauki, serait le chef incontesté...serait devenu une véritable forteresse inaccessible.
Un Temaru alors Pdt du pays, se fit presque "harakiri" par Rere et son armée après avoir blocké le Port Autonome, pris en otage la population de Tahiti par des blocages monstres, alors sous la menace de ce Rere, Temaru cèda, et lui accorda des centaines de millions de nos "sous" pour le calmer...Rere fit trembler l'ex ministre JSalmon...etc...
Comment le pouvoir surtout l'autorité souveraine, l'Assemblée du pays à l'époque, aurait pu être si aveugle de laisser un tel individu, une véritable terreur locale, à la tête d'une telle importante entreprise du fenua, qui sans le tsunami de 2004, aurait pu aboutir à une véritable "militia de tonton macoutes" de terroristes à la fenua, comme l'a si bien dit umara ?
Comment une telle condamnation si lègère, à mon avis, pourrait-elle redresser les torts causés par "le pouvoir à l'époque" et en particulier par cet individu, véritable préjudice à la fois morale, psychologique, physique et matérielle à l'ensemble de la collectivie et en particuliers à ceux et celles qui auraient perdu la vie de leurs bien aimés en plein mer, en plein exercice de leur devoir de marins sous les ordres de l'amiral Rere alors qu'il aurait nié en être le véritable responsable. C'est impensable !
Mais voila, comme disait cette maxime "le pouvoir corrompt et plus de pouvoir corrompt absolument"! Je trouve la condamnation n'est pas à la hauteur du préjudice causé non seulement aux particuliers, mais à l'ensemble de la collectivité!
Faaitoito!

Commentaires anonymes

28/01/2010 à 06h03

Qu'en est-il de la cargaison revendue sans acquitter les droits de douane?

Commentaires anonymes

27/01/2010 à 19h04

Tiens mais c'est Tonton Macoute.

27/01/2010 à 17h11

Je ne voudrais pas être mauvaise langue, mais il a tout la tronche d'un officier SS

Commentaires anonymes

27/01/2010 à 16h58

Voilà ce que c'est que de profiter des "petites zens" !

Légal

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