Rere revient devant les juges

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Publié le mercredi 06 janvier 2010 à 11H20

CONVOYAGE THONIERS. Léonard Puputauki, l'ancien patron du GIP, comparaîtra le 26 janvier prochain devant le tribunal correctionnel pour “travail dissimulé” lors des convoyages de thoniers en 2003 et 2005. Il encourt trois ans d'emprisonnement et 5,4 millions de Fcfp d'amende.

L’ESSENTIEL

  • “Ces marins et officiers n’ont sciemment pas été déclarés par M. Puputauki comme employés par l’EURL, ni à l’ENIM, ni à la CPS”, a souligné la CTC
  • Pas moins de 53 marins seront assis sur le banc des victimes
  • Le mois de janvier sera chargé pour Rere : le procès en appel du naufrage du Tahiti Nui IV aura lieu le 28 janvier
Léonard Puputauki, l'ancien patron du GIP, comparaîtra le 26 janvier prochain devant le tribunal correctionnel pour infractions au code du travail. Il encourt trois ans d'emprisonnement et 5,4 millions de Fcfp d'amende. Il est soupçonné de travail dissimulé lors de trois convoyages de thoniers en 2003 et 2005. Pasmoins de 53marins seront assis sur le banc des victimes.

Il faut remonter à l'année 2000 pour comprendre les faits reprochés à Léonard Puputauki. Cette année-là, plusieurs agents du GIP créent la société civile de participation “SCP coopérative de pêche To’ata”, dont le gérant était le chef de service du GIP luimême. Cette SCP a créé unilatéralement le lendemain de sa fondation une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée dénommée “EURL des pêcheurs Polynésiens”, devenue plus tard “EURL des pêcheurs tahitiens” dont elle est l’unique associée. Rere en a été le gérant jusqu’au 24 avril 2003. Un autre responsable a alors été désigné : il s’agissait du gérant d’une EURL, employé de façon permanente par le GIP.

Les trois convoyages réalisés entre 2003 et 2005 ont été examinés par la chambre territoriale des comptes dans son rapport sur le GIP publié en 2006. Le premier convoyage entre la Corée et Papeete a eu lieu entre mai et juillet 2003 à l'issue d'un premier marché conclu entre la Sem Tahiti Nui Rava'ai et un chantier coréen pour la construction de cinq thoniers. “Une convention est alors signée entre la Sem et l'EURL des pêcheurs polynésiens, représentée par son gérant, Léonard Puputauki”, décrit la CTC. Parmi la liste des 25 marins ayant effectué le convoyage, on dénombre 15 agents du GIP et 10 CIG (chantier d'intérêt général). “Les agents ont étémis en congés par le chef de service du GIP et ils ont perçu une rémunération par l’EURL. Selon le témoignage de l’un des capitaines qui y participait, les sommes perçues étaient de 250 000 Fcfp pour les officiers et 150 000 Fcfp pour les marins”, décrit la CTC qui complète “peu pour une durée de voyage aussi longue”. Mais, la CTC met surtout en avant l'infraction au code du travail réalisée. “Ces marins et officiers n’ont sciemment pas été déclarés par M. Puputauki comme employés par l’EURL ni à l’Enim (l'Établissement national des invalides de la marine), ni à la CPS car cette démarche était impossible puisqu’ils étaient déjà sous contrat avec le GIP.”

Ce dispositif a permis à la société de réunir “les sommes nécessaires pour l’attribution de deux thoniers et commencer leur exploitation”, précise la CTC qui met en exergue “l'intérêt certain” du gérant de l’EURL à ce que ce convoyage soit exécuté. Lors de la signature de la convention, “ledit gérant ne pouvait ignorer que le convoyage serait effectué par des marins du GIP, dont il était le chef de service”, relève la chambre.

Le second convoyage concernait cinq thoniers construits en Chine pour lequel l'EURL a signé un marché le 15 décembre 2003. Les conditions sont quasiment les mêmes que pour le premier convoyage. Mais il s'agissait en réalité d'un “contrat de régularisation” selon la CTC puisque “les premiers paiements ont été effectués les 27 et 28 octobre 2003”. Un communiqué de presse du 17 décembre 2003, soit deux jours après la signature du marché, a même annoncé l'arrivée le jour même des cinq thoniers et précisait que ce voyage avait duré du 11 au 17 décembre 2003. Sur les 29 marins qui ont assuré ce convoyage, 15 étaient des agents du GIP et trois étaient DIJ (dispositif d’insertion des jeunes). “Comme précédemment, M. Puputauki avait un intérêt certain à la réalisation du convoyage, même s’il n’était plus officiellement gérant de l’EURL”, note la CTC. “Il restait cependant gérant de la SCP coopérative de To’ata, unique associé de l’EURL, qui, comme pour le premier convoyage, avait obtenu la location-vente de deux thoniers, ce qui a porté à quatre le nombre de bateaux à exploiter.”

Le troisième convoyage a eu lieu en 2005. En février, la SemTahiti Nui Rava'ai signe un contrat avec une société du fenua spécialisée dans la fourniture de pièces et accessoires pour la réparation des bateaux. La société a donc dû faire appel à une société extérieure et elle s'est tournée vers l'EURL des pêcheurs tahitiens pour l'engagement des marins nécessaires à ce convoyage. Léonard Puputauki a accompagné les 32 marins en Chine. Dans son rapport, la CTCmet donc en évidence que “Léonard Puputauki a bien conservé un rôle moteur dans ce dispositif : c’est lui qui a effectué les réservations pour les équipages et c’est l’EURL (où ses intérêts sont certains) qui a payé le surclassement en classe affaire du billet correspondant à son propre voyage ; le coût correspondant au tarif classe économique a été supporté par le budget du GIP”. Mais cette fois, certains marins du GIP n'ont pas reçu la rémunération promise. Ils ont donc saisi l'inspection du travail qui a procédé à une enquête et a confirmé les éléments mis au jour par la CTC.

MT

TAHITI NUI IV

Le 28 janvier devant la cour d'appel

Il y a tout juste un an le tribunal correctionnel a condamné Léonard Puputauki à cinq ans d'emprisonnement dont deux ans avec sursis et Yannick Boosie, son bras droit, à trois ans dont deux avec sursis pour homicide involontaire dans le cadre de l'affaire du naufrage du Tahiti Nui IV. Me Barmont, l'avocat des deux hommes, avait fait appel dès le jugement tombé. Le procès en appel aura lieu le 28 janvier prochain, soit deux jours après la comparution de Rere devant le tribunal correctionnel pour infractions au Code du travail.

Zoom

Flosse devant le tribunal correctionnel le 30 mars

Gaston Flosse comparaîtra le 30 mars prochain dans l'affaire dite des “RG” du Territoire. L'ancien président du Pays a été mis en examen le 14 avril 2008 pour obstacle à l'exercice des pouvoirs attribués aux magistrats et rapporteurs de la CTC. Dans son rapport sur la présidence en 2006, la CTC présentait le Sed (service d'études et de documentation) comme un véritable “service de renseignements”, en relevant que juste avant son enquête dans le service, les ordinateurs avaient été “nettoyés”, et qu’“aucun document relatif à l'activité du service n'a pu être produit”. Elle soulignait ainsi que les “documents effacés” “pouvaient l'intéresser dans son examen de la gestion” et “auraient permis de constater la nature et la réalité du service fait”. Selon la loi, “le fait de faire obstacle de quelque façon que ce soit à l'exercice des pouvoirs attribués par le présent code aux magistrats et rapporteurs de la chambre territoriale des comptes est puni d'une amende de 15 000 euros (1 789 950 Fcfp) ou de sa contrepartie en monnaie locale”.

Par ailleurs, Gaston Flosse devrait être fixé aujourd'hui sur sa requête en suspicion légitime, déposée par l'un de ses avocats parisiens, afin d'obtenir la délocalisation de l'affaire Haddad-Flosse. La chambre criminelle de la Cour de cassation devait en effet l'examiner cette nuit à Paris.

Mélanie Thomas
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Commentaires anonymes

07/01/2010 à 09h18

Et ben ! te nuna'a maohi, faaitoito ! j'èspère que vous verrez sous un autre oeil la gestion de notre fenua par les conséquences de votre vote ! ... ne me dites pas ques les diférents élus précédents n'ont pas eu de rapports liés aux différentes activités de cette entreprises ? ne vous lavez pas simplement le visage le matin, mais ouvrez les yeux également ! assez de connivence car untel m'a aidé dans mon dossier pour ceci ou cela ....
Si les faits sont avérés et confirmés, j'èspère que le représentant de l'état au palais de justice de Tahiti arrivera à ses fins !
Manava e ia rahi te here.

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07/01/2010 à 09h16

Et quand la justice s'intéressera-t-elle des actifs de Rere et du Tahoera'a au Chili ? Il paraît que le vin à l'orange y est très bon !!!

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07/01/2010 à 06h12

Qu'en est-il de la cargaison de ces thoniers rentrée en fraude sur le territoire ...

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06/01/2010 à 23h56

On a eu peur ... que Rere soit oublié parce que là, c'est un gros poisson ! >:(

06/01/2010 à 16h47

:) suggestion en passant

Les tonnes de milliards que RèRè et la clique d'élux condammnés
doivent nous rembourser, qu'ils soient reversés à la CPS!!!
et perfusés aussi dans ATN pour que Air Ta'afifi Nui ne pique
plus du nez!!!!;)

GTS et sa clique pourront peinards continuer à s'en mettre
plein les poches pendant leur règne xxxxxxxxxxxx

Le rêve est encore gratuit dans nos îles
gérées par les Ali Baba et leurs plus de 40 voleurs!!!

Légal

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