Pageau mis en examen

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Publié le lundi 15 mars 2010 à 10H02

FRAUDE À LA DÉFISCALISATION. L’affaire Thierry Pageau se prolonge en Nouvelle-Calédonie. L’homme d’affaires a été mis en examen à Wallis et Futuna ce week-end et devrait être à nouveau entendu sur le Caillou.

L’ESSENTIEL

  • Thierry Pageau a été mis en examen pour trois infractions présumées à Wallis
  • De retour sur le Caillou, il doit être entendu sur le volet strictement calédonien de l’enquête sur les fraudes à la défiscalisation
  • La justice polynésienne pourrait également entendre le businessman

Vendredi matin, l’homme d’affaires tahitien Thierry Pageau a été interpellé puis placé en garde à vue durant deux jours. Il a été déféré à Wallis pour y être mis en examen de trois infractions présumées dans le cadre de l’enquête sur la fraude à la défiscalisation à Wallis et sur le Caillou. L’homme devait être de retour hier en Nouvelle-Calédonie. Les gendarmes comptent l’entendre sur le volet strictement calédonien de l’enquête sur les fraudes à la défiscalisation. Le sort de cet entrepreneur flamboyant reste suspendu à ce qu’il va pouvoir dire ou non.

Vendredi à Nouméa, lorsque certains employés ont appris l’arrestation le matin même de leur patron, ils se sont inquiétés. Notamment pour savoir si les salaires du mois de mars allaient bien être versés. La réponse est venue de la compagne du patron, elle aussi mise en examen en novembre dernier dans le cadre de l’affaire. Cette jeune femme de 26 ans est soumise à un contrôle judiciaire qui lui interdit de se rendre dans les bureaux. “Faut pas paniquer. On verra tout ça lundi, lorsque Thierry rentrera”, a-telle dit.

Reste qu’il n’aura sans doute pas le loisir d’aller rassurer ses employés comme il avait l’habitude de le faire depuis quelques jours. Il se peut même que ses tout nouveaux amis décident de l’emmener dans leurs bureaux, à la section de recherches de Nouméa, pour entendre ses explications dans d’autres affaires, celles purement calédoniennes, découvertes à l’occasion de l’enquête initiée depuis Wallis et Futuna.

Pour l’instant, l’homme de 38 ans n’aurait pas franchement été disert. Il se serait contenté d’expliquer qu’il “n’avait rien fait, rien vu et rien entendu”. Et que s’il avait été condamné par le passé pour faillite frauduleuse, c’était “à cause de personnes de son entourage familial proche”. Après avoir été mis en examen, il va sans doute devoir expliquer sa conception toute personnelle de la défiscalisation.

Il semblerait que Thierry Pageau ait constitué une véritable nébuleuse de sociétés, aux acronymes parfois très proches, que ce soit à Nouméa, à Paris, en passant par La Réunion et le Luxembourg. Des entités à la tête desquelles il plaçait généralement sa compagne, étant luimême sous le coup d’une interdiction de gérer. Toutes ces structures auraient en fait été destinées à contrôler de A à Z toute la chaîne de la défiscalisation. Plus facile pour constituer de faux dossiers et les faire passer comme une lettre à la poste. Ce qui était réel, en revanche, c’est l’argent injecté dans le système par des investisseurs métropolitains. Pour récolter la monnaie depuis Paris, le businessman s’était constitué une façade plus qu’honorable : avec son bagout, il était parvenu à recruter un jeune polytechnicien qui avait démissionné quelques mois plus tard, en découvrant des pratiques un peu éloignées de l’orthodoxie des grandes écoles.

Depuis la France, l’argent n’avait plus qu’à transiter entre toutes ces structures. Il aurait parfois pris des chemins plutôt sinueux. Ainsi, les sommes destinées à un usage bien particulier —le paiement d’une caution pour quelques dizaines de millions— auraient circulé sur le compte d’une société dont l’objet social était… le conseil et la stratégie de la communication en entreprise. Le mélange des genres était à ce point pratiqué que l’argent obtenu par le biais de la défiscalisation tournait pour partie en vase clos au sein de ces nombreuses sociétés. A-t-il également filé sur des comptes plus discrets ? L’enquête en cours pourra peut-être l’établir. Car l’argent laisse des traces, même si certains employés zélés se seraient chargés d’effacer quelques fichiers compromettants depuis.

Thierry Pageau n’intéresse pas seulement le juge de Wallis et les Calédoniens. En Polynésie, la justice souhaite également entendre l’homme d’affaires, car les premiers éléments de l’instruction ouverte à Papeete pour escroquerie, faux et usage de faux et blanchiment d’argent en bande organisée en janvier dernier établissent un lien avec l’affaire de fraude à la défiscalisation en Nouvelle-Calédonie et à Wallis et Futuna.

Pierrick Chatel (LNC) et JH

Zoom

Des rêves de grandeur, jusqu’en Chine

Piscines, fontaines à eau, chantier naval, communication et conseil en entreprise, immobilier et, bien entendu, placements financiers… En bon businessman, Thierry Pageau a le mérite d’avoir diversifié ses secteurs d’activité. “Sa dernière lubie, c’était les énergies renouvelables, explique une personne qui l’a côtoyé quelque temps. Pas idiot, puisque c’est un secteur qui a le vent en poupe. Il voulait travailler avec les collectivités”. Parmi ses nombreuses idées, Thierry Pageau aurait même le projet de monter un magazine en Nouvelle- Calédonie, sur le modèle du mensuel tahitien Pacific Business. Un nom qui claque. “Cela lui aurait permis de disposer d’un support pour diffuser les pubs de ses entreprises, réalisées par sa société de communication avec un rédactionnel principalement axé sur ses boîtes”, estime cette source. Un Citizen Kane qui fait tourner l’argent en circuit fermé, en quelque sorte.

Mais son horizon ne semble pas se limiter au Pacifique. “Il a récemment annoncé qu’il devait partir en Chine, à la mi-mai, avec des entrepreneurs et des financiers calédoniens, pour prospecter là-bas…”, croit savoir une autre personne. Des rêves de grandeur qui risquent de tourner court. Car cette semaine, la tenaille des gendarmes semble de plus en plus se refermer autour de ce businessman qui a usé et abusé du filon de la défiscalisation jusqu’à la moelle.

AU FENUA

Interdiction de gestion et sursis pour faux Il est l’ancien gérant de Fare Design, de Batimat et de la SARL Technibat en Polynésie. En mai 2005, le tribunal de commerce a prononcé une mesure de faillite personnelle à son encontre et l’a condamné à une interdiction de gestion pour 20 ans. Cette mesure lui a été signifiée en 2007. Elle est donc effective seulement depuis cette date. En mars 2009, il a été condamné à six mois avec sursis pour faux par le tribunal correctionnel de Papeete. Il lui a été reproché d’avoir falsifié en 2005 des factures dans deux dossiers de défiscalisation pour deux sociétés différentes : Baticlean et Tama’a Express. C’est la société Sofipac, société de conseils et études, qui avait découvert que les dossiers n’étaient pas bons. Elle avait alors déposé une plainte contre X après avoir envoyé un expert sur place pour vérifier si les facturations figurant dans les dossiers correspondaient aux fournitures livrées. Mais cet expert a constaté que “le matériel était incomplet”, avait souligné la présidente du tribunal lors de l’audience.

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Commentaires anonymes

17/03/2010 à 14h38

Ah la la si tu voyais ce que l'on y trouve sur taratoni...
Les Nouvelles ont parole d'évangile, c'est sacré et donc vrai...mais surtout c'est très bon car très vendeur de jeter un petit en pâture...
je vais vous dire : je marche sur l'eau et je chie de l'or !
Croyez moi ! c'est écrit noir sur blanc...à méditer chers camarades.

Commentaires anonymes

17/03/2010 à 14h22

Si tu voyais ce que l'on y trouve pour taratoni...
ah oui, c'est vrai que quand c'est écrit dans les Nouvelles de Tahiti... c'est parole sacrée de l'évangile !!
c'est tellement bon de jeter les gens en pâture sans vérifier avant...et surtout ça fait vendre n'est ce pas...alors allons-y gaiement!
Croyez moi : je marche sur l'eau , et c'est écrit noir sur blanc !!

Commentaires anonymes

16/03/2010 à 23h00

Une recherche sur Google nous indique que le nom de Thierry Pageau est associe aux communes de Arue et du Mont Dore en Caledonie.
Que vient faire un personnage pareille dans la gestion de ces deux communes dont les maires sont des amis proches?

Légal

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