Publié le mardi 06 octobre 2009 à 13H45
AFFAIRE HADDAD-FLOSSE. Les deux dernières semaines du mois d'octobre seront riches en confrontations. C'est ce qu'indique le procureur de la République en Polynésie José Thorel, au lendemain de la mise en examen de la compagne de Gaston Flosse.
L’ESSENTIEL
- Le rythme des confrontations va s’accélérer ce mois-ci.
- Celle entre Pascale Haiti et l’informaticien du Tahoeraa est la première attendue
- Conseil constitutionnel ou bureau du Sénat : la justice attend aussi toujours une réponse sur sa demande de levée de l’immunité parlementaire
La compagne de Gaston Flosse, Pascale Haiti, est rentrée chez elle dimanche après-midi. Elle sera prochainement confrontée par les juges d’instruction à l’informaticien du Tahoeraa Huiraatira Heiarii Kowalski. Cette confrontation “est tout à fait à l’ordre du jour”, a indiqué hier le procureur de la République José Thorel.
Heiarii Kowalski était en détention provisoire depuis deux semaines pour destruction de preuves et a été libéré ce matin. Il est toujours sous contrôle judiciaire. Pour le même motif, Pascale Haiti a été mise en examen dimanche à Papeete et placée sous contrôle judiciaire. L’ancienne représentante à l’assemblée était incarcérée à Versailles depuis le 24 septembre dans le cadre d’un mandat d’amener. Le soupçon de destruction de preuves est apparu dans le cadre de perquisitions menées notamment au domicile du sénateur et de sa compagne à Vetea, le 18 septembre dernier Pascale Haiti a été libérée tandis que Heiarii Kowalsky était toujours emprisonné. Une incohérence que n’avait pas manqué de souligner Me Léon Lev Forster, avocat de la compagne du sénateur dimanche : “Il faut aussi admettre que le magistrat instructeur se trouve dans une situation délicate puisque d’autres personnes déjà mises en examen pour les mêmes faits ne pouvaient pas déroger à cette situation”. Mais selon le parquet, aucune demande de remise en liberté n’avait été encore été formulée de la part de Heiarii Kowalski.
Cette confrontation n’est pas la seule attendue au palais de justice dans les prochaines semaines. En effet, le rythme soutenu imposé ces derniers mois par les deux magistrats instructeurs va encore s’accélérer, a confirmé le parquet hier. Selon le procureur de la République, les deux dernières semaines de ce mois vont être riches en confrontations entre “tous ceux qui tournent autour du pacte de corruption”. Pas de détail pour le moment de qui sera confronté à qui. Seulement des noms : Hubert Haddad, Michel Yonker, Geffry Salmon et Gaston Flosse.
Gaston Flosse a été mis en examen mercredi des chefs de corruption passive, recel d’abus de biens sociaux et complicité de destruction de preuves. Il est la clef de voûte de l’affaire. Si les confrontations avec l’ancien homme fort du Pays sont très attendues, un nouvel examen de la levée de l’immunité parlementaire pourrait changer la donne. Tout dépend du bureau du Sénat qui peut décider d’y répondre sans que soit formulée une 3e demande, mais pas seulement. L’arrêt de la cour d’appel prononçant l’exécution provisoire de la peine d’un an d’inéligibilité de Gaston Flosse dans l’affaire dite des “sushis à 2,3 millions” pourrait survenir avant si le train de sénateur reste fidèle à sa réputation. La mesure évite l’aspect suspensif du pourvoi en cassation, mais il faut encore attendre que le Conseil constitutionnel se prononce sur l’exécution provisoire de cette demande de déchéance de Gaston Flosse pour son mandat de sénateur.
Reste aussi au Conseil constitutionnel, devant le caractère exceptionnel de la mesure, la carte de préférer attendre la décision de la cour de cassation. Sur le terrain de la course contre la montre, le sénateur polynésien reste donc encore gagnant. Même si la justice a mobilisé tous les moyens qui sont en ses pouvoirs, le temps joue toujours en la faveur de l’ancien président.
FR & LD







