Publié le mercredi 18 août 2010 à 11H21
AFFAIRE LEGRIS. La famille Aurentz, actuellement en détention provisoire à Nuutania, nie avoir “empoisonné” Gérard Legris avec des neuroleptiques et dément tout lien avec la mort du militaire retraité.
L’ESSENTIEL
- La famille Aurentz et son avocat, Me Antz, font appel des mises en examen prononcées lundi
- Romana, Meherio et Vaiata sont mises en examen pour assassinat et les parents des deux premières pour complicité d’assassinat. Tous les cinq sont en détention provisoire à Nuutania
- Le fils de la victime, Jean-Marc maintient que son père a été assassiné
Les Diaboliques et leur famille nient tout concernant la mort de Gérard Legris. Romana, Meherio et Vaiata ont été mises en examen pour assassinat lundi, après trois heures de confrontations, et les parents des deux premières pour complicité d’assassinat. L’appel, annoncé lundi et confirmé hier, sera examiné devant la chambre de l’instruction. “À ce jour et en l’état actuel, tout le monde nie avoir administré quoi que ce soit à monsieur Legris”, affirme Me Antz, leur avocat. Le conseil a donc joint une requête en annulation des mises en examens pour assassinat et complicité d’assassinat de Romana et Meherio puis d’Henriette et Eugène Aurentz, les parents.
De son côté, Jean-Marc Legris, le fils de Gérard Legris maintient que son père a été assassiné. Par qui ? “Je ne sais pas, mais à partir du moment où mon père n’a plus eu d’argent, il est mort”, déclare-t-il. Les Diaboliques ? “Peut-être car les neuroleptiques et psychotiques ne sont pas arrivés par hasard dans les veines de mon père. Moi je dis qu’il va y avoir des surprises”, assure le fil du militaire dont le corps a été exhumé pour être autopsié, deux ans après sa mort. “J’ai eu mon père au téléphone cinq jours avant sa mort, et il faut m’expliquer pourquoi la famille Aurentz ne m’a rien dit pour les médicaments qu’il prenait si c’était vraiment pour le soigner ! D’habitude, il m’informait toujours de tout. Il ne prenait pas ce genre de médicaments”, insiste le fils du colonel de l’armée de l’air. Des traces de neuroleptiques et psychotiques ont été retrouvées dans la dépouille du père, dans ses muscles et ses cheveux.
Juste avant sa mort, Gérard Legris aurait confié à son fils : “Je suis très bien. Je regarde mes comptes les pieds dans l’eau”. Mais aujourd’hui, il est établi que de l’argent aurait été dérobé sur le compte de l’homme, âgé de 87 ans quand il est mort. Les Legris se demandent notamment pourquoi l’avocat de l’une des mises en cause, Vaiata, est Me Dubois, qui travaille avec le cabinet qui “défend aussi les intérêts de la BP-SG (Banque de Polynésie–Société Générale)”. Et comme l’explique Jean-Marc Legris : “Le nom de cet avocat est listé dans l’en-tête de la lettre de proposition de la BP de nous indemniser pour moitié, laquelle banque aurait été elle-même soidisant abusée par la famille Aurentz. Or il nous semble pour le moins surprenant que ce soit le même cabinet d’avocats qui assure la défense de deux parties que tout oppose”. Contacté, le cabinet d’avocats indique qu’il n’y a aucun conflit d’intérêt. Quoi qu’il en soit, la famille Legris demande de récuser l’avocat pour la défense de la partie adverse.
Lundi, après trois heures de confrontations, les parents des Diaboliques, Henriette et Eugène, ont rejoint leurs filles à Nuutania. Romana, Meherio et Vaiata sont soupçonnées d’avoir tué Gérard Legris et de lui avoir soutiré près de 43 millions de Fcfp.
JH
Jenny Hunter






