Publié le mercredi 10 mars 2010 à 11H41
ATOLL ANUANURARO. Le parquet a requis hier matin l’irrecevabilité de la constitution de partie civile d’Oscar Temaru et de 12 représentants à l’assemblée dans le cadre de l’affaire de l’atoll Anuanuraro. La chambre de l’instruction rendra son délibéré mardi prochain.
L’ESSENTIEL
- Pour le parquet et Me Quinquis, qui ont fait appel, la constitution de partie civile n’est pas conforme aux textes du statut
- L’avocat d’Oscar Temaru, Me Cross, a lui rappelé que la loi organique prévoit que l’assemblée “contrôle l’action du président et de son gouvernement”
- Seule la représentante Justine Teura s’est déplacée pour soutenir sa demande de constitution de partie civile
Pendant une heure hier matin, la chambre de l’instruction a examiné l’appel du parquet et de l’avocat de Gaston Flosse, Me Quinquis, contre la constitution de partie civile d’Oscar Temaru et de 12 représentants de l’assemblée de la Polynésie. Elle rendra son délibéré mardi prochain. Le 1er février dernier, les deux juges d’instruction Jean-François Redonnet et Philippe Stelmach avaient jugé recevable cette constitution de partie civile. Dans la foulée, le parquet et Me Quinquis avaient fait appel.
L’avocat général Jean-Pierre Belloli a requis hier l’irrecevabilité de la constitution de partie civile des 13 représentants. Le parquet a notamment soutenu que cette constitution de partie civile n’est pas conforme aux textes du statut et que Gaston Tong Sang peut nommer un ministre pour le remplacer en tant que représentant de la Polynésie française dans le cadre de la constitution de partie civile du Pays. L’article 67 du statut précise en effet que “le président de la Polynésie française peut déléguer certains de ses pouvoirs au vice-président et aux ministres”. Me Quinquis est, lui aussi, du même avis et a soutenu que la collectivité de la Polynésie française ne peut être représentée en justice que par son représentant légal. En cas de défaillance de la collectivité, selon l’avocat, c’est au tribunal administratif de s’y substituer. Tout contribuable peut alors “demander au tribunal administratif l’autorisation de représenter la collectivité”. Selon le conseil, la constitution de partie civile directe du contribuable est absolument prohibée.
Un seul des 13 représentants qui souhaitent se constituer partie civile s’est déplacé hier, il s’agit de Justine Teura. En sa présence dans la chambre du conseil, Me Cross, avocat d’Oscar Temaru, a argumenté cette constitution de partie civile. Pour justifier cette démarche, le conseil s’est appuyé sur le dernier alinéa de l’article 102 de la loi organique de 2004 qui précise que l’assemblée de la Polynésie “contrôle l’action du président et de son gouvernement”.
Sur deux pages, les deux juges d’instruction avaient justifié la recevabilité de la constitution de partie civile des 13 représentants. Les deux magistrats instructeurs avaient mis en évidence la “contradiction d’intérêt majeure entre les intérêts personnels de M. Gaston Tong Sang et de M. Édouard Fritch et les intérêts tant du Territoire que de l’Office des postes et télécommunications”. Du fait de cette situation “pour le moins particulière et exceptionnelle”, les deux juges avaient donc constaté “un risque de carence de la représentation dans ce dossier des intérêts du Territoire et de l’Office des postes et télécommunications”
Le juge d’instruction Philippe Stelmach a clos l’instruction de l’affaire de l’atoll Anuanuraro à la fin de l’année dernière. Depuis, les tomes de l’affaire sont sur le bureau du procureur de la République, José Thorel. Celui-ci devrait rendre son réquisitoire de renvoi dans les semaines qui viennent, mais aucune date précise n’est encore connue. Le leader du Tavini Huiraatira, Oscar Temaru, attend toujours avec impatience ce réquisitoire. Samedi dernier, après la séance à l’assemblée, il a de nouveau conditionné le dépôt d’une motion de défiance au réquisitoire du procureur. Le représentant garde donc sous le bras cet argument de campagne pour rappeler que Gaston Tong Sang a toujours maille à partir avec la justice.
MT
Entretien Me Cross, avocat d’Oscar Temaru
Quels sont les arguments que vous avez présentés aujourd’hui pour justifier la constitution de partie civile d’Oscar Temaru ?
“Nous avons justifié notre demande de constitution de partie civile auprès du magistrat instructeur en nous appuyant notamment sur des déclarations qui avaient été faites par M. Gaston Tong Sang et qui avaient été publiées par Les Nouvelles le 6 janvier dernier. Il avait ainsi estimé que la plainte déposée par M. Oscar Temaru dans cette affaire Anuanuraro n’était pas fondée et qu’il n’y avait pas de préjudice pour le Pays dans cette dernière. Pourtant la chambre criminelle de la Cour de cassation avait confirmé un arrêt pris par la chambre de l’instruction qui avait rejeté les demandes de nullité de M. Gaston Tong Sang et de M. Fritch concernant cette affaire Anuanuraro. Elle avait notamment relevé que les deux mis en examen n’avaient pas caché que l’acquisition qui avait été faite de cet atoll avait pour objet de renflouer les comptes des sociétés de M. Robert Wan. On voit bien que ce n’était pas l’intérêt du Pays qui avait primé dans cette affaire mais plus l’intérêt d’un homme d’affaires qui était proche d’une certaine façon du pouvoir à l’époque. Devant cette attitude de M. Gaston Tong Sang, qui a bien fait comprendre que pour lui il n’y avait pas préjudice, Oscar Temaru et les représentants de l’assemblée ont estimé que, dans l’intérêt du Pays, il fallait absolument se constituer partie civile.”
Sur quoi vous appuyez-vous pour justifier la recevabilité de cette constitution de partie civile ?
“Les représentants à l’assemblée se sont appuyés sur le dernier alinéa de l’article 102 de la loi organique de 2004 qui précise que l’assemblée de la Polynésie contrôle l’action du président et de son gouvernement.”
Propos recueillis par MT
DÉCRYPTAGE
- Les élus qui se sont constitué partie civile sont : Oscar Temaru, Maryse Ollivier, Chantal Tahiata, Georgette Buillard, Pierre Frébault, Tamara Bopp- Dupont, Victor Maamaatuaiahutapu, Françoise Tama, Fernand Roomataaroa, Juliana Mati, Heiuraiperai Afo, Georges Handerson et Justine Teura.
- Oscar Temaru et les 12 représentants s’appuient sur le dernier alinéa de l’article 102 de la loi organique du statut de la Polynésie française. Celui-ci précise que l’assemblée “contrôle l’action du président et du gouvernement de la Polynésie française”.
- Au parquet, on souligne que cette constitution de partie civile n’est pas conforme aux textes et que Gaston Tong Sang peut nommer un ministre pour le remplacer en tant que représentant de la Polynésie française dans le cadre de la constitution de partie civile du Pays. L’article 67 du statut lui précise que “le président de la Polynésie française peut déléguer certains de ses pouvoirs au viceprésident et aux ministres”.
- Me Quinquis s’appuie sur l’article 186-1 du statut pour justifier son appel : “Tout contribuable inscrit au rôle de la Polynésie française ou tout électeur inscrit sur la liste électorale d’une commune de la Polynésie française a le droit d’exercer, tant en demande qu’en défense, à ses frais et risques, avec l’autorisation du tribunal administratif, les actions qu’il croit appartenir à la Polynésie française et que celleci, préalablement appelée à en délibérer, a refusé ou négligé d’exercer”.








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Commentaires anonymes
12/03/2010 à 07h07
Ecoeurant ! Encore une occasion de se débarrasser des voleurs qui passe à la trappe.
Commentaires anonymes
10/03/2010 à 15h57
Les députés allemand ont demandé à la Grèce de vendre des îles pour éponger sa dette publique...ici on éponge des dettes privées en achetant une île... :D
Commentaires anonymes
10/03/2010 à 15h43
GTS va-t'il nommer Teriipaia pour le remplacer?