Publié le mercredi 29 avril 2009 à 10H43
JUSTICE. Le tribunal correctionnel a rendu son délibéré dans l’affaire dite des propos anti-chinois. Mahinui Temarii et Cyril Le Gayic ont été condamnés pour “incitation à la haine raciale”.
L’ESSENTIEL
- Cyril Le Gayic a été condamné à trois mois de prison avec sursis et une amende de 500 000 Fcfp
- Mahinui Temarii a été condamné à 300 000 Fcfp
- La ligue a constaté “un changement en matière d’équité entre les justiciables”
Le jugement est tombé. Hier, le tribunal correctionnel a rendu le délibéré de l’affaire concernant Mahinui Temarii et Cyril Le Gayic pour “incitation à la haine raciale”. Une affaire portée en justice à la suite d’une plainte déposée par la Ligue polynésienne des droits humains après la publication, dans nos colonnes le 17 avril 2008, d’un article intitulé “Le grand dérapage des syndicalistes”. Un article qui reprenait des propos tendancieux “anti-chinois”, tenus par les deux syndicalistes. “Il faut que je te dise que le nouveau président, c’est un Chinois. Un Chinois, il ne pense qu’aux patrons, car c’est un businessman. Tu as déjà vu un Chinois qui pense aux salariés ? Je ne vais pas lui marcher dessus, non, loin de là. Mais je dis qu’un Chinois pense au business. C’est bien peut-être pour l’économie du Pays, je ne sais pas. Pour les commerçants, c’est bien. Tong Sang, c’est bien, c’est un Chinois. Pour les salariés, je ne sais pas”, expliquait Mahinui Temarii. Quant à Cyril Le Gayic, il lâchait : “Que notre pays soit dirigé par un Asiatique, ça nous fait peur”. Durant leur procès en février dernier, chacun avait tenté de défendre sa position. Mahinui Temarii, de la CSTP/FO, ne s’exprimant qu’en tahitien a souligné qu’il ne s’exprimait pas bien en français et qu’il avait du mal à retranscrire sa pensée en français correct. “Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Si j’ai pu blesser des personnes, je m’en excuse”, avait-il déclaré. Le secrétaire général de la CSIP avait, pour sa part, rappelé le contexte de l’époque pour sa défense : “Le contexte politique et social s’est dégradé depuis 2004. Socialement surtout, c’était tendu. Mes propos sont peut-être déplacés mais je n’ai pas voulu être raciste.”
La présidente du tribunal s’inquiétait elle, de l’impact et de la portée des propos tenus. Le ministère public avait donc requis à l’encontre des syndicalistes trois mois de prison avec sursis et une amende solidaire de 500 000 Fcfp. La justice en a décidé autrement. Elle a condamné Cyril Le Gayic à trois mois de prison avec sursis et une amende de 500 000 Fcfp. Mahinui Temarii a lui été condamné à 300 000 Fcfp d’amende. La Ligue polynésienne des droits humains a manifesté sa joie à l’annonce du jugement. “La ligue constate un changement important en matière d’équité entre les justiciables par les tribunaux en Polynésie française. Par ailleurs, la Ligue souhaite que cette nouvelle politique du parquet triomphe lors du procès dit des emplois fictifs, dans lequel Cyril Le Gayic est mis en examen pour détournement de fonds publics. Pour mémoire, ce scandale de détournement de fonds publics est en fait le coeur du système flossiste ayant détruit la démocratie républicaine durant plus d’une trentaine d’années en Polynésie”, conclut la ligue.
Jenny Hunter
Liberté conditionnelle pour Taupua
CHRISTIAN TAUPUA, l’ancien adjoint du directeur de cabinet du ministère de la Jeunesse, a été écroué le 9 février dernier à Nuutania. Et cela, pour 34 mois. Le 25 mars dernier, Christian Taupua et son avocat, Me François Quinquis, avaient rendez-vous avec le juge d’exécution des peines. Objectif : demander une libération conditionnelle. L’avocat a mis en avant le fait que Christian Taupua doit assumer ses obligations de père de famille et qu’il vient de trouver un emploi. Celui de chauffeur… pour Michel Teai, l’ancien directeur de cabinet de Clarenntz Vernaudon, l’ancien ministre des Sports. Rien que cela. Le délibéré devait être rendu le 14 avril, mais au final a été prorogé. Ce n’est qu’hier donc que l’annonce est tombée, le juge d’exécution des peines a accepté la requête de Chrisitan Taupua. Il sera donc libéré. Mais peut-être pas pour longtemps. En effet, dans ce dossier, le parquet a estimé que le placement en détention provisoire de l’ancien adjoint du directeur de cabinet est nécessaire. Il a donc fait appel de cette décision. Une audience se tiendra donc bientôt pour statuer.
Pour rappel, Christian Taupua est tombé sous le coup d’une décision de justice du 3 décembre dernier où la Cour de cassation a rejeté son pourvoi rendant de facto applicable sa condamnation pour “abus de confiance et contrefaçon de chèques” à quatre mois d’emprisonnement, 1,5 million de Fcfp d’amende et cinq ans d’interdiction sociale. Soit l’interdiction de gérer, de diriger ou de présider une société ou encore une association. Cette condamnation vient réprimer des faits commis en 2003, alors que l’ancien adjoint du directeur de cabinet, dirigeait le comité freestyle de la Fédération des sports mécaniques. Cela fait donc quatre mois de prison auxquels s’ajoute une peine de prison d’une précédente condamnation pour “escroquerie”. En 2002, Christian Taupua avait en effet été condamné pour escroquerie à 30 mois de prison avec sursis, 10 millions de Fcfp d’amende et une interdiction d’exercer en tant que chargé de mission à la présidence. Et pour cause, lors de son passage au ministère de l’Emploi en tant que chargé de mission entre 1993 et 1995, il avait attribué des contrats de travail à des personnes sans emploi ou qui n’étaient pas dans la nécessité d’en bénéficier, en échange d’une commission à son profit.
JH
Jenny Hunter







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Commentaires anonymes
01/05/2009 à 11h03
Taupua libre mais où allons nous mais ce n'est qu'une farce qu'il sera le chauffeur de Michel TEAI, vérifiez et vous verrez que ce n'est que mensonge xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
elle est où la justice????????????????????????????
Commentaires anonymes
29/04/2009 à 17h16
Pensez vous qu'ils regrettent ? Franchement ?
Ont-ils seulement compris pourquoi ils ont été condamnés ? On peut en douter .
Syndicalistes surprenants avec le 1er mai vécu comme un deuil ou une fête religieuse de plus, quel défilé ou vente de muguet comme partout dans le monde ?, sauf à Tahiti spécificité locale ...