Hubert Haddad : “La justice est là pour reconnaître les fautes de chacun”

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Publié le jeudi 10 décembre 2009 à 10H11

INTERVIEW. C’est une autre vie qui a commencé pour Hubert Haddad depuis le 2 décembre, depuis la fin de son placement en détention provisoire. Mis en examen des chefs de corruption active, abus de biens sociaux, abus de confiance et recel de favoritisme dans le cadre de l’affaire Haddad-Flosse, le patron du groupe 2H a fini de voyager de pays en pays, de sociétés en sociétés. Encadré par un contrôle judiciaire strict, l’homme d’affaires doit verser une caution de 80 millions de Fcfp et demeurer en Polynésie. Entre deux séances de cardio-training, Hubert Haddad a accepté de se confier aux Nouvelles.

L’ESSENTIEL

  • Hubert Haddad, patron du groupe 2H, revient sur son incarcération et ses liens avec Gaston Flosse et sa conception d’une indépendance qu’il fallait éviter
  • “Si quelqu’un doit être condamné, la justice le déclare coupable d’un délit et le condamne et il faut payer sa peine”, estime l’homme d’affaires
  • “Quel que soit le président en place, on a tendance quand on vient et quand on a des affaires dans un pays d’aller rendre visite, pour dire “bonjour”“

M. Haddad, votre nom a été beaucoup cité notamment concernant l’affaire, mais au fond le public vous connaît très peu, pourriez- vous d’abord vous présenter, vous définir, et relater votre parcours ?

“J’ai 61 ans, je suis parti de rien, j’ai créé un groupe d’entreprises qui s’est spécialisé au début, dans les bulletins municipaux parce que c’était une nouveauté. Toutes les mairies voulaient informer leur public et mon principe était de démultiplier chaque bonne idée. À partir du moment où je pouvais imprimer le bulletin municipal de Limoges, pourquoi ne pas imprimer celui de Brest, Angers, Rennes, Laval, Besançon…Et j’ai eu 350 bulletins municipaux. Après cela, la mode des bulletins municipaux est tombée, les gens ne lisaient plus, les maires ne communiquaient plus. Il a fallu trouver autre chose et je me suis lancé dans le call-back. C’est le téléphone qui était le moins cher. J’ai créé des sociétés comme USA Global Link, Passeport Goden Line, etc. Là aussi, même principe, j’ai démultiplié dans le monde entier. Toute ma vie, ça a été de monter des idées, trouver des affaires et je me suis lancé dans les annuaires téléphoniques, il y a une quinzaine d’années. J’ai commencé par le Congo, le Cameroun et ainsi de suite… On est devenu le leader mondial des annuaires téléphoniques, nous en avons 26 en Afrique et cinq en Asie, dont la Thaïlande, la Malaisie, le Cambodge, la Birmanie, le Laos et toute l’Afrique noire. Tahiti s’est présentée puisque nous étions aussi en place ici. Nous avions la régie de RFO depuis 1983, donc on connaissait tous les clients. L’OPT cherchait un éditeur pour son annuaire téléphonique, nous avons répondu à un appel d’offres dans les années 90 et on a pris l’annuaire téléphonique. Ça s’est très bien passé jusqu’au jour où les taux de commissions ont baissé, ils n’étaient plus rentables et ça ne nous intéressait plus de notre côté.”

Depuis, l’affaire Haddad-Flosse a pris de l’essor, vous sortez de presque six mois de détention provisoire. Il a beaucoup été question de votre état de santé, comment vous sentez-vous ?

“Je suis quelqu’un qui affronte toujours les choses de face. Même mourant, vous me verrez me battre. Je suis quelqu’un qui est très malade, mais vous ne le verrez pas, vous me verrez toujours sourire, parce que c’est une éducation, une manière de vivre. Quand je dis que je suis malade, ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les médecins, ceux de Taaone, de Bichat, les plus grands spécialistes mondiaux de cardiologie. Lorsque le juge a décidé de me mettre en prison, il y a six mois, j’ai dit qu’on mettait mon corps en prison mais pas ma tête. Permettez-moi de vous dire aujourd’hui que c’est complètement l’inverse. Depuis que je suis libre, j’ai mon corps qui est dehors, mais ma tête est toujours en prison. C’est-à-dire que j’ai toujours l’impression d’être prisonnier, d’entendre les clés… Je ne parle plus de ma chambre, je dis ma cellule. J’attends les repas aux mêmes heures, c’està- dire 5 heures du matin, 10 heures du matin pour le déjeuner et 17 heures pour le dîner. Je souffre, mais j’essaie de ne pas le montrer, parce que je sais qu’en montrant que je souffre je fais de la peine à ma famille. Ma fille, très courageuse, a passé six mois pratiquement ici à m’attendre tous les jours, pour ne me voir que trois fois une heure dans la semaine. Ma femme vient d’arriver et mes enfants vont venir me rejoindre pour passer les fêtes.”

Nous n’étions pas dans les mêmes bâtiments et les visites se prenaient à des heures différentes

Comment avez-vous vécu ces six mois au centre pénitencier ?

“Autant aux États-Unis, ils ont un principe qui est excellent : vous versez votre caution, on vous laisse en liberté, vous donnez des garanties, on enquête et ensuite on vous juge. En France, cette loi existe, c’est la présomption d’innocence. Le fait de mettre en prison les gens uniquement s’ils sont coupables ou si c’est vraiment très important, ça doit être exceptionnel, mais ça n’a pas pu se faire pour des raisons très simples. Il n’y a pas de bracelets électroniques encore sur le territoire et donc les juges, pour la sérénité des débats et pour pouvoir empêcher les gens de se rencontrer et de se concerter, ont préféré nous mettre en prison. Ce qui fait que nous n’étions pas dans les mêmes bâtiments. M. Yonker, M. Salmon et M. Teriierooiterai étaient dans un bâtiment, chacun à un étage différent. Ils prenaient leur visite à des heures différentes, avaient la promenade à des heures différentes de sorte qu’ils ne se rencontrent pas. J’étais dans un autre bâtiment et c’était la même chose pour moi. La justice a voulu cela pour la sérénité et qu’une bonne justice soit rendue. Si l’affaire avait été traitée en France, je pense qu’on aurait eu un contrôle judiciaire plus facilement, en tout cas la durée de la détention provisoire aurait été plus courte (...). Je n’ai pas eu de conditions particulières, je n’ai pas été traité comme un VIP, j’étais dans une cellule de quatre personnes de 9 m2 dans laquelle il y avait des fourmis, des cafards, des souris, etc. Ce serait une prison en Colombie, ce serait identique. Elle est surpeuplée et il n’y a pas d’hygiène. Imaginez-vous que nous mettions des compresses sur le robinet, et quand on les changeait tous les trois jours, grâce à la gentillesse du service des soins, la compresse était noire. Imaginez lorsqu’on boit l’eau de Nuutania sans mettre cette compresse… Si quelqu’un doit être condamné, la justice le déclare coupable d’un délit, et le condamne, et il faut payer sa peine. Je ne discute pas ce principe de démocratie, de la vie : vous faites une faute, vous devez payer. Je ne suis pas du tout quelqu’un qui essaie d’échapper pour payer si j’ai fait quelque chose, si la justice considère que j’ai eu un rôle important, grave et que j’ai fait des erreurs et que je dois payer. Tout est renversé quand vous êtes mis en examen en détention provisoire, c’est-à-dire que vous n’êtes même pas un prévenu, vous êtes simplement mis en examen et vous êtes arrêté. Il y a deux choses qui m’ont choqué : la première, c’est que j’ai passé 15 jours à Nanterre sans aucun contact, ni un au revoir à mes enfants ou ma femme, sans pouvoir voir mes avocats. La deuxième, c’est qu’en France, pays des droits de l’homme, pays qui fait le plus pour la liberté, l’égalité et la fraternité, on en soit arrivé à arrêter une personne en pleine rue dès qu’il y a un mandat d’amener contre elle, comme Mesrine, comme un grand bandit. C’est comme ça que ça s’est passé. J’allais chez ma famille et dans la rue, j’ai été entouré par cinq policiers en civil qui m’ont alpagué. Je n’ai jamais reçu de convocation (...). Concernant mes souvenirs de la prison de Nuutania, c’est une arrivée un peu douloureuse. Vous êtes fouillé x fois par jour. Il faut dire que c’est une poudrière Nuutania et si cette poudrière n’explose pas, c’est pour la simple et bonne raison que les gardiens et la direction de la prison font les choses très bien, sont très doux, justes, durs… Ils se font respecter, mais avec humanité, sans blesser les gens. Je tiens vraiment à les remercier et à les féliciter tous. Mettre quatre prisonniers dans une cellule et faire en sorte qu’ils ne se disputent pas, il faut vraiment avoir beaucoup de doigté. Tous les prisonniers prient, pour rendre gloire au Seigneur et demander pardon pour leur erreur. Les familles souffrent, les prisonniers aussi, mais je pense que l’arrivée du procureur Thorel a été saluée par l’ensemble des prisonniers qui se souvenait de lui parce que certains l’avaient connu quand il a été juge d’application des peines.”

Vous avez été mis en examen dans l’affaire Haddad-Flosse, des soupçons pèsent sur vous, beaucoup de choses ont été dites. En voulez-vous à certaines personnes liées à cette affaire ?

“Je n’en veux à personne. La justice est là pour reconnaître les fautes de chacun et elle décidera de ce qu’il en est. Je ne peux pas en vouloir à quelqu’un et ce n’est pas dans ma nature. J’ai toujours dit que même si des gens m’ont fait du mal, je ne leur en veux pas et je prie même le ciel pour que Dieu les pardonne. Je n’ai aucun esprit de vengeance, ce qui doit m’arriver est écrit dans le ciel. Je devais un jour payer pour quelque chose que j’ai fait cette foisci ou que j’ai dû faire dans le temps. Je crois beaucoup au karma… Je me dis que si je suis en prison cette fois-ci, c’est peut-être parce que je dois payer quelque chose qu’un de mes parents a dû faire ou à la place d’une erreur que j’ai dû faire moi-même, il y a quelque temps. Voilà, je la paye aujourd’hui, mais je n’en veux à personne. Je peux considérer aussi que, grâce à la prison, j’ai pu me reposer alors que je brûlais la vie des deux côtés. Je voyageais dans le monde entier.”

Si vous pouviez refaire votre vie au cours des dix dernières années, vous referiez la même chose ?

“Je crois que je referais la même chose. La seule différence, c’est que je me rapprocherais plus de ma famille.”

Vous connaissez bien Gaston Flosse, vous avez eu de longues relations avec lui, comment le définiriez- vous ?

“Je connais M. Flosse, parce que c’était le président de la Polynésie, je le voyais trois ou quatre fois par an. Quand je venais en Polynésie, je lui rendais une visite de courtoisie comme la plupart des chefs d’entreprise, mais je ne peux pas considérer que je le connaissais personnellement. Je n’ai jamais été invité aux dîners, ni quand Chirac est venu. C’est une relation que l’on a vis-à-vis d’un président du territoire qui a fait de grandes choses pour le pays. Il a dû dans sa vie faire de très bonnes choses, il a peut-être fait des erreurs, mais ce n’est pas à moi de le juger, ni à juger quiconque. Quel que soit le président en place, on a tendance quand on vient et quand on a des affaires dans un pays à aller rendre visite pour dire “bonjour” et avoir des relations cordiales avec les élus en place. Je fais la même chose quand je me déplace en Asie et en Afrique.”

Je ne le fais pas pour l’argent, je le fais pour aider (...) Il n’y a pas que l’argent dans la vie

Des affaires en Asie et en Afrique, mais aussi en Polynésie depuis plus de 15 ans, Gaston Flosse avait une place centrale de par son poste de président du Pays, il a été question de “passage obligé” pour faire des affaires en Polynésie…

“C’est très simple. D’abord je suis en Polynésie depuis 1972, avec un départ pour la métropole suivi d’un retour en Polynésie dans les années 84/85 où on a lancé la régie de la publicité de RFO. On n’a jamais parlé de passage obligé. Je crois que c’est un terme qui a été employé par d’autres personnes. Moi en tant que juif d’Afrique du Nord, j’ai connu les événements de Tunisie, l’indépendance du pays et la guerre de Bizerte, j’ai connu aussi la guerre d’Algérie parce que beaucoup de membres de ma famille y étaient, ont souffert et certains y ont laissé leur peau. J’ai connu surtout les émeutes de 87 et de 95. Dans ces cas-là vous essayez de penser quel serait le rempart à une indépendance qui viendrait brusquement dans ce pays qui peut se déstabiliser d’une minute à l’autre. Pour ce pays, c’était trop tôt d’aller à l’indépendance. Cependant je pense qu’un jour ou l’autre ce pays sera indépendant (...) Je pense qu’aujourd’hui, il faut penser à l’avenir de la Polynésie et se dire qu’un jour ou l’autre, la France ou l’Europe laissera tomber la Polynésie ou ne sera plus intéressée par la Polynésie ou bien la Polynésie demandera à vouloir être indépendante.”

Cette “peur” que la Polynésie soit indépendante était-elle partagée par d’autres chefs d’entreprise ?

“Je ne sais pas si c’était partagé, je sais que c’était un traumatisme personnel que j’ai subi et je ne peux parler que de mon cas, pas de celui des autres. Le reste, c’est le résultat des urnes qui peut le dire (...) mais partir trop tôt à l’indépendance, ce ne serait pas bon pour la Polynésie car on vivrait de quoi ? Partir en organisant une indépendance dans le temps, programmée, avec tout ce qu’il faut pour pouvoir se débrouiller tout seul. La Polynésie a besoin d’hommes de bonnes volontés, d’hommes qui arrêtent de gesticuler dans un sens ou dans l’autre pour renverser le gouvernement et de gens qui pensent à la jeunesse, à l’avenir de ce pays et je suis sûr que la Polynésie s’en sortira très bien. “

Comptez-vous rester en Polynésie une fois cette affaire terminée et si oui avez-vous des projets ?

“Quelqu’un qui prépare son voyage en Polynésie va aujourd’hui sur le net. La première chose qu’il voit depuis six mois, c’est tous ces scandales avec mon nom cité tous les matins. Je peux vous dire que cela en a dégoûté plus d’un de prendre l’avion. (...) On prépare son voyage en regardant ce qui se passe dans le pays où l’on va. Cela a été le même cas pour les investisseurs. C’est-à-dire que s’il y avait dans chaque avion qui arrive en Polynésie un investisseur éventuel, je peux vous dire que la personne a dû repartir sans vouloir investir. Donc pendant six mois, 180 investisseurs ou plus sont repartis sans rien faire. Je ne sais combien de milliers de touristes ont préféré ne pas venir à cause de cette situation. (…) Alors qu’on pourrait donner plein d’informations agréables, sympathiques sur le pays pour justement organiser l’arrivée de ces touristes et de ces investisseurs au lieu de mettre en avant tout ce qui ne va pas, en parler bien sûr, mais pas forcément un matraquage avec des premières pages tous les jours (…). Je pensais que je pouvais faire beaucoup pour ce pays, je conseille certains chefs d’État en Afrique et non des moindres et ce ne sont pas de faux passeports diplomatiques comme certains ont voulu le faire croire. Les chefs d’État sont même venus ici, avec moi en vacances, et les relations que j’ai avec eux sont des relations amicales. Je ne le fais pas pour l’argent, je le fais pour aider. J’ai aidé le Burkina Faso en amenant des chercheurs israéliens. Le Burkina Faso, qui était le cinquième planteur de coton est devenu le numéro un en Afrique, nous avons négocié avec Taïwan l’élevage d’alevins et de poissons et aujourd’hui nous avons assez de poissons pour nourrir les 14 millions d’habitants qui existent au Burkina et on vend le poisson à l’étranger. Nous avons aussi importé des plants de fraises d’Israël que nous avons plantés avec le système de goutte à goutte et aujourd’hui, non seulement la consommation de fraises du pays est faite au Burkina, mais nous vendons ces fraises à l’étranger… Il n’y a pas que l’argent qui compte dans la vie et ce n’est pas mon principe. Moi je n’achète pas un bien immobilier à un prix pour essayer de le revendre dix fois plus. Je suis quelqu’un qui a créé 1 500 emplois qui font vivre trois ou quatre mille familles. J’aurais très bien pu m’arrêter avec trois employés et avoir de quoi vivre parce qu’une boîte de sardines me suffit. Je suis quelqu’un qui a appris à vivre modestement et ceux qui me connaissent pourront vous le dire. Je ne suis pas quelqu’un qui frime, qui fait le malin ou le fier, je suis quelqu’un de simple, je sais d’où je viens et où je partirai.”

Propos recueillis par PL

Patrice Lafforgue
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Commentaires anonymes

11/12/2009 à 08h37

ouais , mais il a eu les même casseroles en France a l'époque de Miterrand ce qui veux dire qu'il en est pas a son premier coup!

Commentaires anonymes

10/12/2009 à 21h01

Cet interview m'a beaucoup émue, il a fait près de six mois et a aucun moment il s'est plaint, contrairement a d'autre personnes qui n'ont pas arrêté de se plaindre (ex: Emile VERNAUDON.
Ensuite je ne suis pas juge, donc la justice fera son boulot.
Mais il faut voir le côté positif, il a créer beaucoup d'emploi!

Commentaires anonymes

10/12/2009 à 15h33

Indépendance, indépendance, quand on y regarde de plus près c'est tellement absurde et pourtant ... ce fut un bien lucratif commerce.
D'époque autonomiste/indépendant : un simple camouflet entre pro-floss et anti-floss, le sondage par excellence au frais de la princesse.
Mr Haddad est comme les autres, il mange dans la même gamelle et certainement qu'il s'abstiendrait d'en dénoncer le propos car on ne détruit pas ce que l'on construit de ses mains.
L'après-cep est un énorme échec (masqué par la crise mondiale), beaucoup de jeunes sortant des filières éducatives auraient eu à gagner labeur et rémunération dans un contexte économique loyal et franc ... vous aviez assise à stimuler cette économie "locale" mais banque-router un pays est tellement plus prolifique pour les prédateurs fonciers.
Je vous plains pour votre état de santé (comme tout à chacun et je plains encore plus ceux qui sont plus malade que vous) mais en tant qu'homme-d'affaire à l'essor professionnel (que je penses simplicistement de grande origine subventionnivore) ... non je ne vous plains pas.
En attendant, il est meilleur que vous soyez sorti de prison sur notre principe républicain de présomption d'innocence. Portez-vous bien.
[i]
ps: on parle souvent d'Haddad/Floss, mais l'affaire Haddad/Haddad (mal-gestion) n'est pourtant pas un fantôme[/i]

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