Publié le samedi 06 mars 2010 à 13H33
AFFAIRE HADDAD-FLOSSE. Gaston Flosse et Hubert Haddad seront de nouveau confrontés le 16 mars. Après cette confrontation, la chambre de l'instruction examinera le 30 mars une demande de modification du contrôle judiciaire du P-dg du groupe 2H.
L’ESSENTIEL
- Le P-dg du groupe 2 H souhaite pouvoir résider en métropole
- Le contrôle judiciaire de Pascale Haiti, la compagne de Gaston Flosse, a été levé mardi. Elle peut désormais séjourner hors du Pays
- L'ancien PCA de l'OPT et d'ATN Geffry Salmon a lui déposé une demande d'annulation de sa mise en examen du chef de blanchiment d'argent
L’affaire Haddad-Flosse redémarre. Le 16 mars prochain, Gaston Flosse et le P-dg du groupe 2H Hubert Haddad sont tous les deux convoqués devant les juges d'instruction Philippe Stelmach et Jean- François Redonnet. Ce n'est pas la première fois que les deux hommes se retrouveront face à face ensemble devant les deuxmagistrats instructeurs. Le 8 décembre dernier, le patron du 2H et l'ancien président du Pays avaient longuement confronté leur version durant six heures.
Avant cette confrontation en décembre, Hubert Haddad et Gaston Flosse avaient déjà reconnu avoir procédé à des échanges financiers. Et si Hubert Haddad avait précisé que l'argent versé à Gaston Flosse l'a été pour financer le Tahoeraa Huiraatira, le Vieux Lion, tout en reconnaissant cette version, en avait admis une autre en octobre dernier. Il avait reconnu lors d'un interrogatoire que les fonds en provenance de Hubert Haddad “servaient à assurer des dépenses purement personnelles”. Dans une interviewparue le 9 février dernier au Monde, Hubert Haddad expliquait : “Il n'y a pas eu de contrepartie aux fonds que je versais. D'autre part, il s'agissait de financer son parti, le Tahoeraa, ce qui était autorisé à l'époque”.
Après cette confrontation, la chambre de l'instruction examinera le 30 mars la demande de modification de contrôle judiciaire qui a été déposée par les avocats de Hubert Haddad. L'homme d'affaires met en avant son état de santé et souhaiterait donc pouvoir résider en métropole. “J'attends la décision de la justice pour pouvoir rentrer en métropole et pouvoir aller voir des grands médecins, montrer mon cas, retrouver la famille”, confie-t-il. Le contrôle judiciaire du P-dg du groupe 2H prévoit que celui-ci ne peut pas rencontrer les personnes concernées par la procédure, ne peut pas sortir de Polynésie française, doit résider à une adresse particulière et doit se présenter une fois par semaine à la police. La caution qui devait être payée par Hubert Haddad a elle été réglée.
Hubert Haddad a sans doute regardé avec attention la décision de la chambre de l'instruction mardi dernier. Celle-ci a décidé de lever le contrôle judiciaire à l'encontre de Pascale Haiti, la compagne de Gaston Flosse. Celle-ci avait été mise en examen pour destruction de preuves le 4 octobre dernier et placée sous contrôle judiciaire. Pascale Haiti peut donc désormais séjourner hors du Pays. La chambre de l'instruction aura de nouveau à examiner prochainement l'affaire Haddad- Flosse. Geffry Salmon, l'ancien de l'OPT et d'ATN mis en examen pour favoritisme, corruption passive et blanchiment d'argent, a en effet demandé l'annulation de sa mise en examen du chef pour blanchiment d'argent. L'avocat de Geffry Salmon pourra notamment s'appuyer sur l'annulation de la mise en examen de James Estall, le directeur de la Socredo, pour blanchiment d'argent en janvier dernier.
La chambre de l'instruction avait estimé qu'il n'y avait pas eu de volonté de blanchiment d'argent. En septembre dernier, Geffry Salmon s'était vu signifier sa mise en examen supplétive pour blanchiment d'argent après que les enquêteurs ont découvert 170 millions de Fcfp dans un coffre à son nom à la Socredo. D'autres confrontations sont à venir dans l'affaire Haddad-Flosse. Gaston Flosse devrait ainsi être confronté à l'ancien PCA d'ATN et de l'OPT, à Marcel Tuihani, le trésorier du Tahoeraa Huiraatira et l'ancien représentant à l'assemblée Noa Tetuanui.
MT
Entretien Hubert Haddad, P-dg du groupe 2 H
En décembre dernier, dans un entretien accordé aux Nouvelles, vous aviez confié : “j'ai mon corps qui est dehors, mais ma tête est toujours en prison”. Ressentez-vous toujours la même chose ?
“Je suis surtout en train d'essayer de me soigner pour les problèmes de santé que j'ai. Je reste ici. Je suis loin de ma famille, de mes amis, de mes affaires et en plus je suis en mauvaise santé. Pour ne rien vous cacher, ça m'a beaucoup secoué le procès Challand puisque vous savez que j'ai été avec lui pendant six mois dans la même cellule. On ne peut pas se lier d'amitié avec ce genre de personnages. On écoute quand il vous parle mais on est très loin.”
Vous serez confronté le 16 mars à Gaston Flosse. Attendez-vous avec impatience cette date ?
“Je ne sais même pas que je serai confronté avec Gaston Flosse. Je sais que je suis convoqué chez le juge, c'est tout. J'attends la décision de la justice pour pouvoir rentrer en métropole et pouvoir aller voir des grands médecins, montrer mon cas, retrouver la famille. J'ai eu un problème cérébral le 7 février. Les médecins disent que ça peut revenir.”
Pour vous, le maintien de votre contrôle judiciaire n'est pas justifié ?
“Je ne discute pas les décisions de justice. Je ne peux pas me mettre dans la peau d'un magistrat qui a son idée. Ce que je veux, c'est avoir le droit au moins de me soigner en considérant que la France c'est Tahiti et Tahiti c'est la France, il y a des grands chirurgiens en France qu'il n’y a pas ici. Mon cas relève plus de la chirurgie que de la médecine. Ici, il y a des bons médecins c'est vrai j'ai été bien soigné. Mais le chirurgien qui prendra la décision de dire il faut faire un pontage coronarien n'existe pas ici. Mais il y en a en Nouvelle-Zélande ou à Paris.” Dans un entretien à Mediapart, vous avez expliqué avoir “servi d'appât pour faire tomber Flosse”.
Le confirmez- vous ?
“Ce n'était pas une interview. C'était une discussion simple à bâtons rompus. Dans la discussion, on lance des phrases mais on ne sait pas que le journaliste va reprendre. Je crois qu'on s'est fait piéger le procureur et moimême. Ces journalistes sont très forts. On essaie d'éviter de parler du dossier.”
Corse
Thorel cité à comparaître pour diffamation
Le procureur de la République José Thorel est cité à comparaître pour diffamation pour avoir qualifié de "mafieux" deux hommes mis en examen dans des affaires distinctes, Alain Orsoni et Antoine Nivaggioni, a révélé jeudi l'AFP. Les plaignants visent également Fabrice Lhomme, journaliste du média en ligne Mediapart et Edwy Plenel, directeur de la rédaction de Mediapart, a indiqué une source judiciaire à l'AFP. Procureur de la République à Ajaccio de 2004 à 2009, José Thorel, aujourd'hui en poste à Tahiti, a accordé une interview au média en ligne Mediapart publiée début février. Interrogé sur le système Gaston Flosse, Fabrice Lhomme a attribué les propos suivants à José Thorel : “Ce n'est pas un système mafieux. Flosse n'est pas très intelligent, mais c'est un malin (...) un débrouillard, (...), ce n'est pas un mafieux. Rien à voir avec les Orsoni, Natali ou Nivaggioni, avec qui j'ai eu affaire en Corse”.
“Il apparente Alain Orsoni et Antoine Nivaggioni à la mafia, c'est de la diffamation”, a déclaré à l'AFP l'avocat des deux hommes, Me Antoine Sollacaro, précisant qu'il avait en début de semaine déposé “une citation directe pour diffamation devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris”. À la lecture de l'interview, Me Sollacaro s'était étonné des propos tenus par le procureur Thorel parce que “les poursuites ont été exercées par la Jirs (Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille) et il n'a jamais eu à traiter une affaire mettant en cause Antoine Nivaggioni et Alain Orsoni”. L'ancien procureur de la République à Papeete Jean Bianconi a lui aussi déposé une plainte pour diffamation contre José Thorel. “À l'évidence, mon prédécesseur n'a rien fait”, avait dit José Thorel selon l'interview accordée à Mediapart.








Les dernières contributions
Commentaires anonymes
08/03/2010 à 09h22
Thorel cité à comparaître pour diffamation
C'est très bien sachant qu'il est le Ministère Public et représente la société que nous sommes de manière inadmissible. Il était temps.
L'occasion pour nous de voir si la justice existe pour tous, ou si le corporatisme indéniable dans ce milieu ne prévaut pas. Sans compter que Thorel est en mission spéciale, "payé" pour faire "certaines choses" comme il l'a dit lui-même, et donc protégé en hauts lieux. Permettez-nous de douter que ses "mafieux" corses et son "bon à rien" de prédécesseur obtiennent gain de cause et réparation car alors, Thorel aurait déjà été destitué de ses fonctions, ses propos rapportés par les médias étant intolérables, incontestables et de toute évidence diffamants.
Monsieur Flosse aurait dû en faire autant dès le début des affaires JPK ou Boris Léontieff (La Dépêche qui titrait "sabotage ou accident?") et bien d'autres qui ont gravement et injustement nui à sa réputation. Peut-être qu'il aurait été un peu plus respecté comme il le mérite. Le laisser-faire, laisser dire fait souvent que c'est l'escalade pour en arriver un jour à ce président de la république qui traite ses concitoyens de "pauvres cons" et déballe ses crocs de boucher ou ce magistrat qui n'a plus aucune raison de n'avouer qu'il est payé pour les garnir.
Commentaires anonymes
06/03/2010 à 20h05
sniff, sniff, on lui donnerait le bon dieu sans confession à 2H ......