“Une contradiction d’intérêt majeure"

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Publié le vendredi 19 février 2010 à 12H17

ATOLL ANUANURARO. Les Nouvelles se sont procuré l'ordonnance de recevabilité de constitution de partie civile d'Oscar Temaru et de douze représentants signée par les juges d'instruction le 1er février dernier. Pour Jean-François Redonnet et Philippe Stelmach, il y a “une contradiction d'intérêt majeure entre les intérêts personnels de M. Gaston Tong Sang et de M. Édouard Fritch et les intérêts tant du Territoire que de l'Office des postes et télécommunications”, puisqu'ils sont tous les deux mis en examen dans ce dossier.

L’ESSENTIEL

  • “Il existe un risque de carence de la représentation dans ce dossier des intérêts du Territoire et de l'Office des postes et télécommunications”, soulignent les juges d'instruction Stelmach et Redonnet
  • C'est pourquoi ils considèrent que les 13 représentants ont “intérêt à agir et qu'ainsi il convient de déclarer recevables leurs constitutions de partie civile”
  • Pour le parquet et Me Quinquis, qui ont fait appel, cette constitution de partie civile n'est pas conforme aux textes du statut

L’ordonnance de recevabilité de constitution de partie civile d’Oscar Temaru et de 12 représentants à l'assemblée vient amener de l'eau au moulin du leader du Tavini Huiraatira, qui a fait de l'affaire de l'atoll Anuanuraro son cheval de bataille depuis le début de l'année. Le 1er février dernier, les deux juges d'instruction Jean-François Redonnet et Philippe Stelmach ont rendu l'ordonnance par laquelle ils déclarent recevables ces constitutions de partie civile. Les Nouvelles ont pu se procurer cette ordonnance. Sur deux pages, les deux juges mettent en évidence la “contradiction d'intérêt majeure entre les intérêts personnels de M. Gaston Tong Sang et de M. Édouard Fritch et les intérêts tant du Territoire que de l'Office des postes et télécommunications”

Cette contradiction s'explique pour les deux juges d'instruction par le fait que “M. Gaston Tong Sang et M. Édouard Fritch ont ainsi dans ce dossier à la fois le statut de mis en examen pour des faits commis au préjudice de la Polynésie française et la qualité de personnes représentant la Polynésie française en tant que partie civile et qu'ils ont tous les deux un pouvoir de contrôle direct sur l'Office des postes et télécommunications”.

Du fait de cette situation “pour le moins particulière et exceptionnelle”, les deux juges constatent donc “un risque de carence de la représentation dans ce dossier des intérêts du Territoire et de l'Office des postes et télécommunications”. Philippe Stelmach et Jean-François Redonnet ajoutent ensuite, toujours en faveur de ces constitutions de partie civile, que “cette affaire porte sur des sommes importantes et concerne l'utilisation de fonds publics soumis au contrôle des élus de l'assemblée territoriale”.

Le parquet et Me Quinquis ont tous les deux déjà fait appel de ces constitutions de partie civile. La chambre de l'instruction tranchera dessus le 9 mars prochain. Le parquet soutient que cette constitution de partie civile n'est pas conforme aux textes du statut et que Gaston Tong Sang peut nommer un ministre pour le remplacer en tant que représentant de la Polynésie française dans le cadre de la constitution de partie civile du Pays. Me Quinquis, l'avocat de Gaston Flosse, qui est lui aussi mis en examen dans ce dossier, a indiqué que selon lui “la collectivité de la Polynésie française ne peut être représentée en justice que par son représentant légal”, c’est-à-dire le président de la Polynésie. En cas de carence en la matière, tout contribuable “peut demander au tribunal administratif l’autorisation de représenter la collectivité”, a-t-il précisé. Selon le conseil, “la constitution de partie civile directe du contribuable est absolument prohibée”.

Le juge d'instruction Philippe Stelmach a clos l'instruction de l'affaire de l'atoll Anuanuraro en fin d'année 2009. Les volumes du dossier sont depuis sur le bureau du procureur de la République José Thorel. Celui-ci devrait rendre son réquisitoire de renvoi dans les semaines qui viennent, mais aucune date précise n'est avancée. Le leader du Tavini Huiraatira attend avec impatience ce réquisitoire. En janvier dernier, le maire de Faa'a avait conditionné à celui-ci le dépôt de sa motion de défiance. “Nous attendons le réquisitoire du procureur, qui va être accablant et cinglant pour ceux qui sont à la tête de ce Pays, pour déposer notre motion”, indiquait- il aux médias le 14 janvier dernier. “Il doit avoir des dons de voyance puisque ce réquisitoire n'est pas encore rédigé”, lui avait répondu José Thorel.

MT

L'atoll qui valait 150 millions acheté à 850 millions de Fcfp

L'affaire de l'atoll Anuanuraro a débuté il y a plus de cinq ans. En octobre 2004, Oscar Temaru, alors président du Pays, avait porté plainte contre X pour détournement de fonds publics et s'était constitué partie civile. La plainte portait sur les conditions de l'achat par le Pays de l'atoll Anuanuraro à Robert Wan pour un montant de 850 millions de Fcfp. Les premières estimations immobilières l'avaient pourtant évalué à 150 millions de Fcfp quelques mois avant la vente. Le leader du Tahoeraa Gaston Flosse, mis en examen pour complicité d'escroquerie, fournitures d'instruction et prise illégale d'intérêts dans cette affaire, soutient que l'atoll avait été évalué à 763 millions de Fcfp et qu'un expert mandaté par Robert Wan, Henri Bontant, l’avait estimé à “1,5 milliard de Fcfp”. À l'époque des faits, Édouard Fritch était vice-président du Pays. Il a été mis en examen du chef de complicité d'escroquerie et prise illégale d'intérêts. Gaston Tong Sang, ancien ministre des Affaires foncières, est mis en examen du chef de complicité d'escroquerie et prise illégale d'intérêts dans ce dossier.

DÉCRYPTAGE

  • Les élus qui se sont constitué partie civile : Oscar Temaru, Maryse Ollivier, Chantal Tahiata, Georgette Buillard, Pierre Frébault, Tamara Bopp-Dupont, Victor Maamaatuaiahutapu, Françoise Tama, Fernand Roomataaroa, Juliana Mati, Heiuraiperai Afo, Georges Handerson et Justine Teura.
  • Oscar et les 12 représentants s'appuient sur le dernier alinéa de l'article 102 de la loi organique du statut de la Polynésie française. Celui-ci précise que l'assemblée “contrôle l’action du président et du gouvernement de la Polynésie française”.
  • Au parquet, on souligne que cette constitution de partie civile n'est pas conforme aux textes et que Gaston Tong Sang peut nommer un ministre pour le remplacer en tant que représentant de la Polynésie française dans le cadre de la constitution de partie civile du Pays. L'article 67 du statut lui précise que “le Président de la Polynésie française peut déléguer certains de ses pouvoirs au vice-président et aux ministres”.
  • Me Quinquis s'appuie sur l'article 186-1 du statut pour justifier son appel : “Tout contribuable inscrit au rôle de la Polynésie française ou tout électeur inscrit sur la liste électorale d’une commune de la Polynésie française a le droit d’exercer, tant en demande qu’en défense, à ses frais et risques, avec l’autorisation du tribunal administratif, les actions qu’il croit appartenir à la Polynésie française et que celle-ci, préalablement appelée à en délibérer, a refusé ou négligé d’exercer”.

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01/03/2010 à 16h14

Il me semble en effet que Temaru se préoccupe plus de son come back sur le fauteuil présidentiel que de ces affaires de détournements a proprement parlé, car avoir été oust 4 fois de son fautueil de peretiteni, c'est publiquement humiliant, alors, il serait devenu rancunier et il se venge de la faiblesse de ceux là, alors il se range du côté de la justice pour arriver à ses fins, déposer sa motion et de se reself proclaimed encore pour la 5eme fois peretiteni. Ce n'est pas certain, mais Temaru lui il y croit!
Mais voilà, il n'aura pas le temps de déposer sa motion, car cette nouvelle réforme éléctorale etc est cours et des élections anticipées seraient mises en place, je suppose, avant la fin de l'année.

Commentaires anonymes

22/02/2010 à 09h07

Miri Ama, il y a de quoi être scandalisé quand même, il faut reconnaître à Oscar Temaru que grâce à lui il y a des dossiers qui n'ont pas été enterrés et à partir du moment où l'argent public a été "offert" aux copains coquins, il faut réagir même si à l'époque de GF rien n'était possible.
Heureusement que les temps changent... :)

21/02/2010 à 11h16

Oscar Temaru ne sait plus quoi inventer pour
se réapproprier le pouvoir et tout ce qui s'en suit,
comme les autres éLUX.

Ils sont tous pitoyables
mais malheureusement toujours aussi actifs
dans l'accélération de la faillite totale du Pays.:(

Commentaires anonymes

19/02/2010 à 15h55

Faut faire vite parce qu'avec la montée des eaux et le réchauffement climatique, l'atoll va bientôt disparaitre.

"Lente Justice" n'est qu'un pléonasme.

:o:o:o:P:P:P

Légal

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