Vini’ura

Publié le mardi 21 juillet 2009 à 08H55

La nouvelle création de Nonahere sera interprétée demain soir, à 19 h 30, lors d’un spectacle unique à Papeete, avant d’être présentée au Mexique à la fin du mois. Les explications avec Matani Kainuku, chef de groupe de Nonahere.

Le petit oiseau rouge de Nonahere se joue au grand théâtre

Nonahere ne participe pas au Heiva cette année. C’est parce qu’il a fallu choisir avec le voyage au Mexique ?

“Effectivement, nous avions déjà prévu de faire un voyage à l’étranger et nous n’avions matériellement pas le temps de préparer le Heiva en même temps. Le voyage a nécessité beaucoup d’investissement pour récolter les fonds car nous n’avons demandé aucune subvention et nous sommes 28 à partir.”

Faites de la danse tahitienne, mais apprenez la langue polynésienne car tout est dans l’émotion des mots

Quel est le but de ce voyage ?

“À la base, ce sont surtout des vacances et l’idée sous-jacente est de promouvoir la culture polynésienne. Les étrangers aiment énormément danser le Ori Tahiti, mais croient, à tort, que c’est une danse très technique. Ils n’ont pas conscience que tout prend sens avec les mots. Je pars aussi au Mexique pour dire aux gens ‘faites de la danse tahitienne, mais apprenez la langue polynésienne’, car tout est dans l’émotion des mots.”

Apparemment le Ori Tahiti est particulièrement apprécié au Japon, vous projetez d’y partir prochainement ?

“C’est une idée effectivement. Pour le moment, c’est avec le Mexique que l’occasion s’est présentée mais mon ambition est de construire des stratégies pour que la culture polynésienne soit partagée avec le plus de monde, de la façon la plus correcte possible. Il ne s’agit pas de mentir aux gens en disant que la danse polynésienne est uniquement technique mais de transmettre des informations justes. Il faut expliquer que toutes les activités en Polynésie ont un lien avec la langue, que chaque archipel a son propre vocabulaire donc sa propre façon de danser…Il s’agit d’être le plus exhaustif possible.”

Vous êtes 28 à partir et il y aura 80 personnes sur scène pour la représentation à Papeete. C’est beaucoup moins grandiose que les années précédentes…

“C’est vrai, et ça a été plus facile à gérer pour cela. J’ai choisi une nouvelle fois un texte de Patrick Amaro, Urariimanu. Je voulais en faire un spectacle depuis quelque temps déjà. Patrick a écrit ce texte pour en faire un outil pédagogique pour l’enseignement du Reo Tahiti. Il en a fait un CD audio, sans aucune illustration. Mon spectacle s’inscrit dans une optique d’offrir un visuel aux instituteurs qui ont envie d’enseigner la langue tahitienne par le biais de cet album.”

L’histoire porte aussi en elle un message particulier…

“En fait, c’est un spectacle sur l’écologie et la préservation de l’environnement. C’est l’histoire d’un Vini’ura qui vit à Papenoo et qui est alerté sur le fait que les arbres sont coupés dans la vallée. Le but n’est alors pas tant de régler le problème de la coupe que de penser à continuer à planter des arbres pour les générations futures. Le petit oiseau doit avertir les enfants sur cette nécessité. C’est grâce à lui que la situation va pouvoir être sauvé. Une manière de montrer que l’on a toujours besoin d’un plus petit que soi…”

Tu comptes poursuivre dans cette voie : produire des spectacles pour sensibiliser les publics ?

“Je pense qu’il faut beaucoup de temps pour faire évoluer les mentalités mais que l’on peut y arriver par ce biais. Tout comme l’école est un lieu très important pour changer les esprits, les spectacles peuvent être un vecteur pour toucher et convaincre les gens. Certes, on ne peut pas mesurer l’impact qu’ils auront effectivement sur les comportements, mais on ne pourra pas s’en vouloir de ne pas avoir essayé. L’objectif est aussi d’interpeller les personnalités pour inciter à l’élaboration d’outils pédagogiques de ce genre dans les écoles. Les spectacles sont une source intéressante pour une harmonisation des systèmes culturel, éducatif et jeunesse... Il faut reconstruire des liens logiques entre eux.”

Propos recueillis par Manon Hericher

NONAHERE

  • Le groupe Nonahere s’est créé en 2004
  • En 2005, il arrive en seconde place dans la catégorie ‘Amateur’ au Heiva et est exceptionnellement nominé ‘groupe professionnel’
  • L’année suivante, il termine premier dans la catégorie ‘Légendaire’
  • En 2007 et 2008, il décroche le premier prix dans la catégorie ‘Création’
  • Cette année, il ne participe pas au Heiva car il part se produire au Mexique

SENSIBILISATION

La société Manu va intervenir en début de soirée pour présenter le Vini’ura et informer sur l’importance de protéger cette espèce endémique. L’objectif de Matani Kainuku est de toucher le plus grand nombre de personnes. Il ne conçoit pas que la culture soit réservée à une élite. Pour lui, elle doit être accessible à toute la population, qu’elle soit tahitienne, métropolitaine, étrangère… Le court-métrage réalisé sur l’album Urariimanu par Top Classe sera diffusé dans cette optique avant le spectacle pour donner au public les clés de compréhension de l’histoire.

  • Demain soir, à 19 h 30, au grand théâtre de la Maison de la culture. Renseignements au 78 60 73.

Manon Hericher
Imprimer Recommander Wikio Facebook Twitter digg

Légal

  • Droits de reproduction
    et de diffusion réservés
    © 2007-2011
    Les Nouvelles de Tahiti

  • Recommandations LNT

    Gardons Contact !

     

    Tous nos fils RSS   Contactez-nous !   La FanPage des Nouvelles de Tahiti   Suivez LesNouvelles.pf sur Twitter !   Le Channel Youtube des Nouvelles de Tahiti