Tamarii Papara fait une entrée entendue

Publié le lundi 13 juillet 2009 à 10H27

TARAVA TAHITI. On l’a bien entendu le tarava des Tamarii Papara, sous la conduite de Robert Peretia, et son message de protection de la mer, thème du groupe cette année, dans un festival de couleurs symbolisant la richesse de la faune et la flore sous-marine.

Entrée non seulement entendue mais aussi remarquée car le groupe n’est pas vêtu uniformément de blanc pour les femmes et de pantalons bleus et chemises blanches pour les hommes avec leurs éternelles couronnes de maire à la tête et au cou. Il y avait par-ci par-là des artistes portant du jaune, du violet, un peu de bleu clair et de vert. Un habillage multicolore des plus heureux pour symboliser la richesse de la faune et la flore sous-marines de Papara.

Un tarava loin du Papara de Moe. C’est peut-être un tort de comparer chaque prestation du groupe des Tamarii Papara d’aujourd’hui, au tarava d’antan (c’était il y a encore 20 ans) sous la conduite de Moe a Moeroa. Il faut savoir que le prix du tarava Tahiti porte le nom de ce personnage illustre qui a donné tant de victoires au district de Papara. Mais l’enregistrement du groupe de Moe réalisé en 1959 reste une référence incontournable de la puissance et de la richesse vocale d’un tarava Tahiti. Si nos lecteurs souhaitent entendre les magnifiques tarava Tahiti de cette période, ils peuvent facilement se procurer le CD “Tahiti Polyphonies” produit par les éditions Manuiti. Dans ce même CD, il sera aisé de se faire une idée précise de la qualité des tarava Tahiti de cette époque avec bien sûr Papara, Pira’e, Tautira, et Arue, chacune de ces formations nous délectant de leurs approches mélodiques singulières.

Alors nous reconnaissons que ce n’est pas très fair-play de demander à Papara aujourd’hui de faire aussi bien qu’à l’époque. Alors contentons nous d’analyser le tarava des Tamarii Papara sous la conduite de Robert Peretia qui, reconnaissons-le, se bat comme un lion pour amener son groupe à un haut niveau depuis la défection de Daniel Tepa qui a su accorder quatre titres à Papara sur dix ans. Mais Robert Pereti’a relève le défi et si des imperfections sont encore remarquées cela tient peut-être au rythme que s’imposent les groupes de tarava Tahiti, tombant sans doute dans le piège de faire comme Mataiea, au style cadencé très rapide avec une reprise très rapide des voix féminines d’attaque, les “faa’ara’ara” Ce qui est bon pour Mataiea – qui a obtenu 10 titres sur 15 ans- n’est pas nécessairement bon pour Papara et les autres. Et puis il y a l’absence de ces voix qui montent et qui dansent harmonieusement au-dessus de la mêlée ; les “maru teitei” ou ténors, généralement tenus par les raatira euxmêmes, et les “perepere”, ces solistes “falseto” dont les fioritures donnent la dernière touche à ce tableau vivant et sonore.

Mais voilà Papara n’en a plus et ses perepere se contentent, comme les autres tarava Tahiti de pousser des hululements, certes haut perchés, mais malheureusement saturées à outrance par la sonorisation qui reste encore l’obstacle principal à une bonne diffusion des himene traditionnels. Quand Heiva Nui aura compris que l’on ne sonorise pas les himene traditionnels avec le système actuel, le public sera le premier à apprécier. Mais celui-ci peutil encore faire la différence quand on sait que ce mal dure depuis que le Heiva se tient à To’ata. Pour conclure avec Papara ce fut un bon tarava qui n’a pourtant pas soulevé la montagne Tamaiti, et son ru’au fut sans doute meilleur. Et si les deux jeunes femmes ont fait de leur mieux en ‘ute paripari, cela ne vaut pas encore les ute des années précédentes.

JM

John Marai
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