Publié le vendredi 27 février 2009 à 10H29
Ce week-end, Steeve Mai revient au petit théâtre de la Maison de la culture avec les choristes de l'Acupf et la pianiste belge Nadine Delsaux. Rencontre musicale avec le premier baryton polynésien.
Le baryton polynésien revient pour deux récitals

Que nous réservez-vous pour ce weekend classique ?
“Ces deux soirées de récital classique seront rythmées en première partie par des mélodies françaises d'Henri Duparc et d'Hector Berlioz. Il s'agit de compositions d'auteurs de renom accompagnées au piano et non de chansons. Je serai accompagné par la pianiste belge Nadine Delsaux. Puis, les choristes de la chorale de l'université de Polynésie française arriveront sur scène et interprèteront des mélodies polynésiennes à nos côtés.” Professeur et chanteur à la fois, votre emploi du temps doit être bien rempli.
Les performances vocales des chanteurs lyriques m'impressionnaient
Qu'auriez-vous fait si vous n'étiez pas revenu au fenua ?
“Je serais dans les choeurs de Macbeth de Verdi, à l'Opéra Bastille.”
Quand et comment vous êtes-vous lancé dans le lyrique ?
“J'ai découvert le chant lyrique à 5 ans en regardant la chaîne Intermède, après l'école. Il y avait des séquences où des marionnettes interprétaient des spectacles lyriques dont Faust de Gounod. Et Pavarotti est venu au fenua, invité par Jacques Chancel, et j'ai été subjugué par sa voix et sa présence. Les performances vocales des chanteurs lyriques m'impressionnaient. La puissance de leur voix m'intriguait. Je me demandais comment ils arrivaient à pousser la voix ainsi tout en restant statique. J'ai donc poussé les portes du Conservatoire de Polynésie française à Tipaerui à 18 ans jusqu'à ce que le service militaire m'appelle trois ans plus tard. Perdu, je ne savais plus quoi faire, j'étais inquiet de ne plus pouvoir chanter. Alors mon professeur de chant et ex-directrice du Conservatoire, Marie-Anne Audy, m'a proposé de m'inscrire dans les choeurs de l'armée. C'est ce que j'ai fait avant de m'inscrire au Conservatoire à rayonnement régional de Rueil-Malmaison de Paris et au Conservatoire national supérieur de Paris.”
Vous serez accompagné par les choristes de l'association chorale de l’université de la Polynésie française pour la deuxième année consécutive. Y a-t-il du potentiel ?
“Oui, il y a de belles voix. Lorsqu'ils se concentrent, les chanteurs stagiaires sont réellement de bonne valeur. J'en ai passé des moments de dur labeur, où ils ont donné beaucoup d'eux-mêmes afin d'assouvir leur passion.”
Qu'espérez vous de ces deux soirées ?
“J'ai envie de faire découvrir davantage aux gens cet univers que je partage avec la pianiste Nadine Delsaux, avec qui je travaille depuis longtemps. J'espère également qu'ainsi, le public découvre une approche différente de la musique polynésienne grâce aux mélodies polynésiennes que nous interpréterons avec les choeurs de l'université.”
Avez-vous d'autres projets en cours à Tahiti ? En métropole ?
“À Tahiti, pas réellement. Mais si le Territoire souhaite me voir revenir au fenua pour que j'y apporte mes connaissances musicales, je n'hésiterais pas. Enfin, dès mon retour en métropole, je serai sur scène pour une Petite messe solennelle de Rossini.”
Propos recueillis par Jennyfer Wong
IL L’A FAIT
- Steeve Mai est né en 1969 à Tahiti.
- Il découvre le chant lyrique à l'âge de 5 ans.
- Il s'inscrit au Conservatoire en 1987 et entre dans les choeurs de l'armée française en 1990.
- Le Conservatoire de Rueil-Malmaison et le Conservatoire national supérieur de Paris lui ont remis une médaille d'or en 1994, une mention très bien en 1995 et son prix de chant en 1999.
- Il est professeur de chant en Île-de-France dans les Conservatoires de Méesur- Seine et de Saint- Fargeau-Ponthierry.
Récitals
Samedi et dimanche, le petit théâtre de la Maison de la culture accueille Steeve Mai, premier baryton polynésien, accompagné au piano par Nadine Delsaux, et les choristes de l'association chorale de l'université de Polynésie française. Un week-end musical co-produit par l'Acupf et la Maison de la culture pour partager avec le public la magie des récitals classiques.
Au programme : un concert lyrique suivi de mélodies polynésiennes. Samedi, le concert sera capté par TNTV.






