Prades à Tahiti

Publié le mercredi 11 mars 2009 à 09H56

Pour sa 7e édition, Musique aux îles reçoit les prestigieux solistes du festival Pablo Casals de Prades. Au programme de leurs cinq concerts : Mozart, Bartok, Chostakovitch ou encore Fauré… Du vendredi 13 au mardi 17 mars à l'hôtel Méridien de Tahiti. Le 20 mars à Raiatea. À ne pas manquer !

Les solistes du festival Pablo Casals de Prades sont à Tahiti pour cinq concerts

Michel Lethiec, vous êtes le directeur artistique du festival de Prades, présentez-nous ce rendez-vous incontournable des mélomanes

“Il a été créé en 1950 en Catalogne française, par Pablo Casals, le plus grand violoncelliste de son temps, en réaction contre le régime de Franco. Depuis, tous les ans, les plus grands interprètes de musique de chambre du monde s'y retrouvent. Le festival se produit hors des frontières hexagonales, il a été invité à Tokyo, à New York, à Jérusalem et depuis quelques années, à Tahiti. L'esprit est toujours le même : amitié, fidélité, musique de très haute qualité et humanisme. Chacun d'entre nous fait une carrière soliste internationale, mais nous adorons nous retrouver pour jouer ensemble et partager ce plaisir avec le public.”

Quel est le thème du festival cette année ?

“Les contrastes. Montrer qu'être musicien classique, ce n'est pas seulement jouer du Mozart ou du Brahms et du Bach. À Mozart, on va opposer les tangos de Piazzola. À Brahms, les csardas de Dolinova. Au classicisme parisien de Fauré, on opposera le jazz de Gershwin. Nous avons fait un programme ouvert sur tous les publics, basé sur l'opposition entre les styles, pour que tout le monde se régale. Et pour que les générations se rejoignent, nous accueillerons sur scène les élèves du Conservatoire pour interpréter les tangos de Piazzola.”

Chaque soirée s'articule autour d'un thème particulier

“Oui. La soirée de vendredi sera placée sous le signe des contrastes avec Mozart, Bartok et Prokofiev. Celle de samedi est intitulée "Danses", nous interprèterons le quatuor avec piano de Brahms, les Danses allemandes de Beethoven, une mazurka de Dvorak, des valses de Chostakovitch, et des tangos de Piazzola. Dimanche, c'est "Un Américain à Paris", avec Gershwin, Fauré, Debussy et Ravel. Enfin, mardi nous partons en voyage à bord de "L'Orient express". Nous nous arrêterons à Londres avec Haydn, à Paris avec Poulenc, à Munich avec Weber, à Venise avec Vivaldi, à Vienne avec Strauss et à Constantinople avec l'ouverture de "L'enlèvement au Sérail" de Mozart, qui pour l'occasion a été réarrangée – à l'origine c'est une pièce pour orchestre symphonique– ce sera donc une première mondiale, car cette ouverture n'a jamais été jouée par une formation violon, alto, violoncelle, piano, et clarinette.”

Il s'agit de trouver la “note juste” pour faire vibrer le public

Jeudi 12 mars, vous donnerez une conférence sur le "Quatuor pour la fin du temps" de Messiaen, qui a composé cette oeuvre en 1940 alors qu'il était prisonnier dans un Stalag. En quoi est-elle exceptionnelle ?

“Elle a une histoire très intéressante. Audelà du fait qu'elle a été créée en détention, c'est la première oeuvre écrite pour une formation violon, violoncelle, clarinette et piano. C'est aussi la première fois que Messiaen utilise le langage des oiseaux. Il le fera ensuite dans toute son oeuvre. Sur sa carte de visite, il se définira même comme “ornithologue et rythmicien”. Dans ce quatuor, il utilise 250 rythmes différents.”

Et vous, comment aimeriez-vous vous présenter sur votre carte de visite ?

“Comme un musicien du XVIIIe siècle, qui joue, enseigne, organise des concerts, vit pleinement la musique.” Véronique Bogaerts : “La musique est ma passion depuis toujours. C'est mon hobby. Je voudrais toujours être musicienne, "amatrice", pour que cela demeure une passion, plus qu'un métier.” Jean Claude Vanden Eyden : “Je pense que j'aimerai transcender l'idée de concert pour en faire une expérience didactique. Transmettre l'esprit, au-delà de la musique.”

Vous vous produisez dans les plus grandes salles occidentales, vous jouez également devant des publics non avertis, l'échange avec les spectateurs est-il identique dans les deux cas ?

“Il s'agit de trouver la "note juste" pour faire vibrer le public, comme on trouve le "mot juste" pour convaincre quelqu'un.”

Propos recueillis par Khadidja Benouataf

Billets en vente à Odyssey. Tarifs : de 1 500 à 3 000 Fcfp. Pour les adhérents réserver auprès de Colette Cartier au 42.47.54 ou cartier@mail.pf

PROGRAMME

  • Jeudi 12 mars à 18 heures au lycée hôtelier de Punaauia : Conférence : "Messiaen quatuor pour la fin du temps"
  • Vendredi 13 mars à 20 h 30 : "Contrastes" avec Mozart, Bartok, Prokofiev • Samedi 14 mars à 20 h 30 : "Danses" avec Brahms, Beethoven, Dvorak, Chostakovitch et Piazzola
  • Dimanche 15 mars à 17 heures : "Un Américain à Paris" avec Gerschwin, Fauré, Debussy et Ravel
  • Mardi 17 mars : "Orient Express" avec Haydn, Poulenc, Weber, Vivaldi, Strauss, Bartok et Mozart Et vendredi 20 mars à Raiatea.

ILS L’ONT FAIT

  • Gérard Poulet, a reçu le 1er Grand prix du concours international Paganini de Gênes en 1956
  • Véronique Bogaerts joue sur un violon Jean-Baptiste Roggerius de 1699
  • Arto Noras, l'un des plus exceptionnels violoncellistes actuels est entré à l’académie Sibélius de Helsinki à l'âge de 7 ans
  • Bruno Pasquier, altiste, a été 1er soliste de l'orchestre de l'Opera national de Paris de 1965 à 1985
  • Jean-Claude Vanden Eyden est lauréat du concours Reine Elizabeth
  • Michel Lethiec a reçu un Grand prix du disque pour son enregistrement des "Contrastes" de Bartok

Khadidja Benouataf
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