Publié le lundi 28 décembre 2009 à 08H13
Petiot fait partie des célébrités de la vie musicale tahitienne depuis plus de 50 ans, avec ou sans le groupe des Barefoot Boys qu’il a créé, et a répondu à la demande pressante de ses nombreux fans avec son tout nouveau CD : Ma guitare et moi.
Avec son 61e CD, il nous offre un joyeux témoignage de l'ambiance des bringues d'antan

Petiot, comment es-tu devenu l’homme-orchestre que l’on connaît ?
“Je suis né dans une famille de musiciens où tout le monde chantait et savait jouer d’un ou de plusieurs instruments. Et comme j’ai fait toute ma scolarité à l’école La Mennais, j’ai bénéficié d’un enseignement musical poussé auquel sont venus s’ajouter des cours de violon privés que mes parents avaient jugés nécessaires à ma formation. Je joue de la guitare, du ukulele, de l’accordéon. Lorsque j’étais gamin, je jouais aussi de la trompette, du saxophone, du violon. C’était un vrai don.Même si je ne savais pas lire les notes, je jouais à l’oreille et j’étais capable de reproduire immédiatement ce que j’entendais. J’ai aussi joué de la clarinette, de la contrebasse. C’est ainsi que j’ai fait partie de pratiquement tous les orchestres connus de Tahiti.”
Quand as-tu commencé à te produire en public ?
“C’était en 1957, c’est-à-dire à une époque très marquée par l’influence de Marie Terangi et son frère. Ils jouaient au Royal Tahitien et j’ai commencé à faire de la guitare avec eux. Nous nous produisions tous les soirs d’arrivée des bateaux de tourisme ainsi que tous les samedis soirs, de 20 heures àminuit, et on touchait 100 Fcfp par soirée. Il y avait beaucoup de bals organisés et j’en faisais un maximum, ceux de la marine, ceux du 14-Juillet, etc. À un moment donné, j’ai un peu délaissé la guitare au profit de l’accordéon jusqu’au jour où, en faisant une chute de Solex à cause d’un chien qui m’a coupé la route, mon accordéon n’en a pas réchappé ! Il m’a fallu attendre quelques années pour en rejouer.”
Tu vivais bien de ta musique ?
“Non, ce n’est pas la musique qui m’a fait vivre financièrement ! Elle n’a été que ma passion ! Pour gagner un salaire, j’avais été admis sur concours dans la fonction publique d’État où j’étais devenu géomètre. Puis, à la suite d’un accident, j’ai changé de fonction et je suis devenu régisseur au service des Affaires économiques jusqu’à ma retraite que j’ai prise en 2000. Je profitais de tous mes congés pour faire des tournées. Après être parti tenter ma chance en France, invité par la femme d’Eddy Barclay, je suis revenu ici en 1962. C’est alors que s’est monté le groupe des Barefoot Boys et ses multiples versions dues aux changements successifs de partenaires. Et la vie a continué ainsi !”
Tu sors actuellement ce 61e CD avec des airs très connus des années passées. Es-tu nostalgique d’une époque révolue ?
“Pas du tout ! Je vis avecmon temps et j’apprécie ma vie actuelle. D’ailleurs depuis de longues années, je me consacre à la musique religieuse. Et ce n’est pas incompatible avec la joie de vivre et la bonne humeur ! Je dirige la chorale de l’église Saint-Paul de Mahina depuis 1987 et j’ai composé plus de 500 airs pour accompagner les paroles de la Bible. Mais il m’est arrivé une chose étrange il y a quelques mois. Durant une seule et même journée, des infirmiers de Mamao m’ont demandé de refaire un CD et m’ont dit ‘tu ne penses plus à nous, tu ne penses qu’à toi !’, un groupe de cinq jeunes m’a abordé chez Carrefour et m’a fait la même demande et, rentré chez moi, ce sont les éboueurs qui étaient devant mon portail qui m’ont fait encore la demande. J’ai considéré que c’était un ordre ! Je n’avais plus qu’à obéir.”
Quels musiciens as-tu invité dans ton groupe pour la réalisation de ton CD ? Les membres de ta famille ?
“Non, tout le monde aime la musique, mais personne n’en a fait un métier ! Ma femme était institutrice et parmi mes trois enfants, il y a un pilote de ligne, une responsable de bureau de poste et une employée de banque. J’ai l’habitude de dire, lorsqu’on s’étonne de la richesse orchestrale de mes morceaux de musique, que le groupe est composé de cinq musiciens : Maurice (mon 1er prénom), Charles (mon 2e prénom), Manutai (mon prénom tahitien), Petiot (mon surnom), et Tauru (mon nom) ! (Rires). Et j’adore ça !”
Propos recueillis par MZS
Contacts Studio Petiot – Tél : 42.91.33 – Vini : 79.14.67 – E-mail : petiot.tahiti@mail.pf
IL L’A FAIT
- Il a 69 ans et a commencé à jouer en public à l’âge de 17 ans.
- Il a été pendant quelques années le chef des célèbres Barefoot Boys.
- Il dirige la chorale de l’église Saint-Paul de Mahina depuis 30 ans.
- Il a son propre studio d’enregistrement.
- Il vient de sortir son 61e CD “Ma guitare et moi”, en vente chez Wong Tac.
CD
Les connaisseurs auront plaisir à retrouver les grands standards de Petiot dans un CD en vente exclusive chez Wong Tac, face à la mairie de Papeete :
- Ia ho’i atu vau i te fare - E ata o te po - Tuku Tuku
- Riro riro te vahine - Ta'u mama e - Tiare taina
- Ohiti e (Lund E) - Toriri mai - Piko vau i te ruki
- Tuke Tuke - L'amour est passé près de vous
- Colonel Bogey - Ah! Les fraises et les framboises - Haere tatou Taravao
- Mairenui i Vaitapiha - Adieu Hawaii
- Feruri ae nei au - Vahine mata ninamu
- Raitahiti roa - Tapapa ana vau
- Aue aue aue - Chevaliers de la table ronde - Café au lait
- Titaina - Heva noa - Pourquoi m'as-tu abandonné
- Keretiki - Topa tura te mahana
- Iri ae te pahi - Raro ae te ava'e -Mon cher ami
- Titiriri - Tamure - Patautau







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Commentaires anonymes
14/01/2010 à 01h22
depuis la métropole je ne vais plus pouvoir te tutoyer car tu est de plus célèbre a de ce que je vois .Ta musique me rappelle les bringues chez moi avec ton frère Mitou Que de souvenirs.Les infirmiers ont eu raison de te donner un ordre .Continue tu vas garder ta jeunesse .Maruru