Publié le samedi 26 décembre 2009 à 13H30
Artiste aux multiples facettes, Mathias, alias Mat’s, navigue dans un univers métissé et planant. Son dernier album est à l’image de son parcours : riche, ouvert, libre. À écouter en boucle !
Son nouvel album est en téléchargement

C’est ton deuxième album, le premier était une fusion de différents styles : musiques électroniques, chill-out, trip hop, dub, jungle, metal, reggae, world… Comment ta musique a-t-elle évolué ?
“Mon premier album “A light in the abyss” était une fusion de tous les styles de musique qui me plaisent. Je découvrais alors l’informatique et toutes ses possibilités d’enregistrement, de mixage. Je n’ai pas cherché à réaliser un album dans un style particulier, je me suis avant tout fait plaisir, l’ensemble était assez expérimental. “Roots and heights” est un album plus travaillé, aux sonorités plus chaudes. Un mix entre musique électro et musique traditionnelle du Pacifique, un hommage à la culture polynésienne des temps anciens.”
“Roots and heights”, racines et hauteurs, qu’est-ce que ce titre dit de ton album ?
“Les racines évoquent le passé, l’histoire, la terre. Et les hauteurs sont l’avenir, le ciel, l’espace. D’où l’on vient, où l’on va… Innover tout en s’inspirant de nos racines. Le côté roots de l’album se distingue par la basse et les percussions très présentes alors que les guitares et les nappes au clavier ont une sonorité aérienne. “Roots and heights”, ça veut aussi dire les pieds sur terre et la tête dans les étoiles.”
Quelles sont tes sources d’inspiration ?
“La nature m’inspire beaucoup, la Polynésie avec ses paysages et sa culture, les voyages, les différences et le métissage. Je suis influencé par des genres musicaux très différents. Plus jeune, j’étais fan de métal, puis j’ai écouté du reggae, du dub, du trip hop, de l’électro, du rock, du gothique, de la jungle. J’aime des artistes très différents comme Bob Marley, Pink Floyd, Dead Can Dance, Massive Attack ou encore The Chemical Brothers. J’adore la musique orientale et les musiques du monde. J’aime également les percussions et les chants traditionnels locaux qui m’ont beaucoup inspiré pour ce dernier album.” Comment décrirais-tu ton univers ? “Métissé, énigmatique, atmosphérique.”
Certains morceaux ont été choisis comme illustration sonore de documentaires sur le surf, question d’atmosphère ?
“Quatre morceaux de l’album ont été choisis pour un documentaire sur le monde du surf en Polynésie, “Surfeurs du paradis”, réalisé par Archipelprod. Un documentaire sur le surf en compétition à travers le portrait de Michel Bourez, et sur le free surfing avec Raimana. Les ambiances marines et le côté atmosphérique de ma musique collent plutôt bien avec des images de surf. J’ai parfois composé en m’inspirant directement des images. Mais ces morceaux, plus récents, ne sont pas sur l’album.”
La musique et la peinture sont tes deux modes d’expression. Comment se nourrissent-ils l’un de l’autre ?
“Ce sont mes deux moyens d’expression et d’évasion. Les deux sont indissociables. Je compose finalement la musique que j’aimerais écouter quand je peins. Et les images qui me viennent lorsque je joue de la musique, je les peins. Chaque son peut être lié à une couleur ou une forme. J’aime beaucoup l’oeuvre de Kandinsky sur les relations entre musique et peinture…”
“Free to feel good”, libre de se sentir bien, “Independance of mind”, indépendance de l’esprit, sont deux de tes titres. Est-ce une philosophie ?
“On vit dans un monde qui tente d’imposer un mode de vie, qui nous fait croire que l’on doit toujours travailler et consommer plus pour être heureux. Je pense que chacun doit apprendre avant tout à se connaître, trouver son chemin soi-même et se méfier de ceux qui prétendent savoir ce qui est bon pour nous.”
Envisages-tu de faire une scène ? Quels sont tes projets ?
“Je n’ai pas prévu de live pour l’instant parce que cela demanderait de réunir beaucoup de musiciens. Mais après avoir passé du temps à composer seul, la musique en groupe me manque, alors peut-être plus tard. J’aimerais continuer de composer pour des films ou des documentaires. Un projet de clip est également en cours. Le troisième album est lui aussi en préparation.”
Propos recueillis par Khadidja Benouataf
IL L’A FAIT
- Mathias Parquet est né le 3 juillet 1977 à Lille.
- Il est sorti diplômé de l’école des beaux-arts d’Avignon, en 2002.
- Il est prof d’arts plastiques à Raiatea et vit à Moorea.
- En 2008, il a réalisé l’illustration sonore de l’installation de Gotz pour l’exposition Mana au Musée de Tahiti et ses îles.
- “Roots and Heights” est son 2e album.
“ROOTS AND HEIGHTS”
Mat’s a réalisé la pochette de son album d’après la photo d’une sculpture de Jonathan Mencarelli : “Heimata”. Plusieurs titres de l’album ont été choisis pour le documentaire “Surfeurs du paradis” réalisé par Archipelprod. Ainsi que pour deux films sur Michel Bourez et sur le free surfing avec Raimana. “Roots and heights” est disponible sur iTunes, Amazon, eMusic, Napster et Rhapsody.






