Publié le vendredi 04 septembre 2009 à 08H34
Le photographe, Lucien Pesquié, affiche avec cinq autres artistes, ses photos de danses à l’occasion du Tahiti Photo Festival organisé jusqu’au 3 octobre dans l’Atelier de l’hôtel Le Méridien Tahiti. Cet ancien plongeur arpente depuis six ans la Polynésie, pour témoigner de sa beauté et de ses richesses naturelles.
Rencontre avec un homme qui a su combiner ses deux passions…

Lucien Pesquié, né un lendemain de noël dans le centre de la France, revendique ses racines marseillaises. Mais grâce à un papa aviateur, il deviendra avant tout un citoyen du monde. “Depuis l’âge de deux ans, je n’ai cessé de parcourir le monde. Nous avons dû habiter au moins une vingtaine de pays sur les cinq continents.” Et cet amour du voyage que lui a transmis son père, il l’entretiendra en épousant le métier de plongeur sous-marin professionnel. Une profession extrême qu’il exercera durant 15 années, avant d’embarquer à son tour ses deux filles autour du monde. Passionné également par la photo, il s’initie à l’art de la photographie sousmarine lors d’une escale à Djibouti en Afrique, il y a une trentaine d’années. C’est là qu’il profite de son métier pour immortaliser la beauté des fonds marins. Au bout d’un an de pratique il se fait remarquer par des médias étrangers. Dix ans plus tard il décide de mettre un terme à sa carrière de plongeur afin de se lancer dans la photographie. Il trouve très rapidement sa voie et atterri en Polynésie en 2006. Photographe polyvalent et chevronné il travaille rapidement avec les organismes de promotion de la Polynésie grâce aux images qu’il réalise. Aujourd’hui chorégraphes, bijoutiers, équipes de production étrangères et bien d’autres se reposent sur lui et son expérience pour réaliser leurs projets. Rencontre.
Comment as-tu choisi le métier de photographe ?
“J’ai toujours aimé faire de la photo. Le premier appareil photo que j’ai eu ressemblait plus à une simple boîte noire qu’un véritable appareil. Je devais avoir dix ans quand je l’ai reçu et c’est un marchand de meubles qui offrait un appareil photo pour tout achat de son mobilier. C’était un peu compliqué de se servir de ce boîtier mais cela m’a permis de me former un peu. Mon père m’a également donné avant de partir, son appareil Rolleiflex qui après 50 ans de bons et loyaux services marche encore très bien. Mais c’est à Djibouti, il y a une trentaine d’années, que jeme suis intéressé à la photo par le biais demon métier de plongeur sous-marin. Avec des amis nous confectionnions des caissons pour les appareils afin de pouvoir assouvir notre passion devant des fonds sous marins qui sont là-bas extraordinaires. La photographie sous marine est une technique très difficile à acquérir et les premiers résultats ne furent pas très probants. Les lumières ne sont pas les mêmes que sur terre et il m’a fallu du temps pour la maîtriser.”
Comment passe-t-on du stade amateur au stade professionnel ?
“Ce qui m’a mis le pied à l’étrier c’est la venue d’une équipe de journalistes d’un magazine reconnu dans le monde de la plongée qui était venue sur Djibouti mais qui n’avait pu faire de photos à cause des mauvaises conditions. Un ami leur a conseillé de venir me voir car j’avais à ce moment-là une bonne base de photos après une année de pratique. Et ce fut mon premier contrat avec une quinzaine de photos qui paraissaient quelques semaines après sur l’un de mes magazines préférés. Je trouvais cela extraordinaire que l’on puisse m’acheter des photos alors que je n’étais pas professionnel. Du coup je me suis dit que je pouvais utiliser mes deux passions pour en faire une profession. Petit à petit j’ai réalisé des reportages en mer et également sur terre en faisant à chaque fois des sujets qui m’intéressaient pour que ce plaisir soit constant. Cela allait du reportage de mariage, où tu peux faire des choses très intéressantes, aux reportages que j’appelle régionaux où je mettais en avant les spécialités locales lors de mes voyages. Il faut être polyvalent pour être opérationnel en toutes circonstances. J’ai des sujets qui m’intéressent plus que d’autres mais je ne veux pas me spécialiser dans tel ou tel domaine. Il y a encore beaucoup de choses à découvrir dans ce monde et surtout en Polynésie.”
Avec des amis nous confectionnions des caissons pour les appareils
Tu es un des protagonistes du Tahiti Photo Festival, pourquoi ?
“Je connais bien Jean-Marie Biret le chorégraphe de Manahau qui organise le Festival de danses du monde à Papara. Il m’a proposé de travailler sur son événement et éventuellement d’exposer certaines images. Très rapidement l’idée de réaliser en parallèle un festival de la photo s’est imposée. L’équipe de l’hôtel Le Méridien Tahiti a été séduite par ce projet et a décidé de se lancer dans l’aventure. Une dynamique s’est mise en place pour réunir plusieurs photographes locaux afin de donner immédiatement une impulsion positive afin que tout le monde soit concerné. Car c’est bien tout le monde de la photographie en Polynésie qui est concerné et si l’on veut que l’événement se pérennise, il faut que tous les amoureux de l’image le portent. Et pour cette première édition la solidarité à bien marché du fait de la qualité de l’exposition et de l’écho qu’il suscite. Il faudra l’année prochaine plus de partenaires pour que l’événement soit plus médiatisé grâce à des moyens plus conséquents. La photographie est un vecteur essentiel à la promotion de la Polynésie en tant que média mais également et surtout en tant qu’oeuvre au même titre qu’une peinture. Et j’ai l’espoir que ce festival amorcera une nouvelle impulsion à la photographie polynésienne.
Nicolas Perez
TAHITI PHOTO FESTIVAL
À l’occasion du Festival de Danses du monde de Papara, organisé par Jean-Marie Biret et son groupe Manahau, Le Méridien Tahiti et les organisateurs de cet événement se sont associés pour présenter le Tahiti Photo Festival sur le thème Danse & Art à Tahiti avec la participation de nombreux photographes du fenua dont Lucien Pesquié, Nan Van Riel, Christian Durocher, Marie Hélène Villierme, Nicolas Perez et Eric Raffis. Ce festival a pour vocation, à terme, d’être une nouvelle vitrine de la culture et de la destination polynésienne à travers le monde en facilitant la rencontre entre des artistes qu’ils soient photographes, danseurs, peintres, sculpteurs ou autres. Par ailleurs, un concours du meilleur jeune photographe est organisé offrant ainsi aux jeunes talents la possibilité d’exposer leurs oeuvres pour la première fois.
- Jusqu’au 30 septembre au Méridien Tahiti






