Les vitrines de Marie-Laure

Publié le lundi 22 décembre 2008 à 11H55

Cette année encore, elle veut nous donner du rêve pour les fêtes. En trois semaines, cette décoratrice étalagiste a réagencé plus d’une trentaine de devantures. Elle a imaginé et créé de nouveaux décors. Son créneau depuis 15 ans, nous faire découvrir des univers différents.

Marie-Laure Rivière revisite les vitrines des magasins pour en changer les univers

Comment es-tu arrivée à la décoration de vitrines ?

“Quand je me suis installée ici en 1993, je me suis vite rendue compte que le secteur décoration de bijouterie dans lequel je travaillais ne suffirait pas à me faire vivre, donc j’ai étendu mon champ d’action à tous les types de magasins. Le plus dur dans ce métier est la joaillerie, car ce sont de toutes petites pièces qu’il faut mettre en valeur. C’est un travail très minutieux et très pointu ; donc une fois que tu sais faire ça, le reste, c’est de la rigolade.”

J'aime donner du neuf aux gens pour les stimuler

Qu’est-ce qui te plaît dans ton métier ?

“À la base, c’est surtout le décor, j’adore créer des situations, mettre en scène, faire rêver les gens. J’aime quand la décoration nous fait partir dans un autre monde, nous fait découvrir d’autres ethnies, d’autre univers. J’aime donner du neuf aux gens pour les stimuler, leur apporter du rêve… On a besoin de changements. Sans nouveauté, l’être humain meurt. Alors je fais bouger les choses : les commerces ne restent pas statiques, linéaires, toujours dans le même style. Ça amène de la fraîcheur. Le magasin ne stagne pas toujours dans le même esprit. J’amène les gens dans un monde différent qui peut être inconnu, magique. Quand je suis arrivée il y a 15 ans, j’ai fait complètement rêver les enfants avec des vitrines pleines de neige, de givre et de stalactites…”

Comment travailles-tu ?

“Tous les ans, je pars aux États-Unis, en France, en Espagne pour faire le plein de nouveautés. Je fais en sorte que mes décorations se renouvellent toujours. Je rapporte des articles exclusifs que l’on ne trouve pas ici. Ça me permet de faire des vitrines qui sortent vraiment de l’ordinaire, qu’on ne verra nulle part ailleurs. Je ne fais d’ailleurs jamais deux vitrines identiques. J’aime mettre en scène des éléments de décoration et leur donner une âme complètement différente en fonction de la manière dont je les présente. J’ai deux options : soit j’achète des éléments de déco que j’associe et que je remodèle, soit je les crée moi-même, de A à Z. Par exemple je vais chercher dans la nature des palmes de cocotier, du pandanus, etc., que je peins. C’est ce que je viens de faire pour une vitrine que l’on m’a commandée. Un décor ‘polynésien et moderne’ : je l’ai créé de toutes pièces en peignant des grappes de cocos, et plein d’éléments naturels.”``

Comment sait-on si une vitrine est réussie ?

“Quand les gens s’arrêtent devant. Mon travail est de faire se poser l’oeil et de donner envie aux clients de rentrer dans le magasin. Ensuite, pour pouvoir dire que le boulot a été bien fait, il faut qu’il y ait au moins trois ou quatre articles qui soient vidés de leur stock.” Comment fait-on pour accrocher le regard du passant ?

Y’a-t-il des incontournables pour y parvenir ?

“Une étude de l’Association française des étalagistes a montré qu’il y avait dans une vitrine trois points de pose, d’accroche, du regard. Ce sont donc trois endroits qu’il faut habiller de manière stratégique avec des vides, des pleins, des volumes… Il ne faut pas trop de choses car ça ‘écrase l’oeil’ comme on dit dans le jargon. Il faut donc créer des vides pour reposer l’oeil et qu’il puisse se focaliser sur le plein. Tout est question de dosage. Il s’agit de trouver le juste équilibre. Il y a aussi une notion de couleur à respecter. L’idéal, c’est de travailler avec deux ou trois couleurs maximum, car plus on en met moins on voit. Cette année, la grande tendance est le noir et l’argent.”

Propos recueillis par Manon Hericher

Pour tout renseignement : mlaureyohan2003@yahoo.fr ou 779 543.

ELLE L'A FAIT

  • En 1985, elle monte à Paris pour faire une formation dans une société de joaillerie. Elle y apprend la décoration de vitrine pour pouvoir gérer seule son business de responsable de boutique à Biarritz.
  • Elle redescend dans le sud-ouest mais change d’employeur. Pendant six ans, elle est formée sur le tas par un bijoutier qui gère cinq magasins à Biarritz. Elle est responsable de toute la décoration.
  • En 1992, elle vient rendre visite à son frère installé en Polynésie depuis 1985. C’est le coup de coeur : un an après, elle revient s’y installer.

EVENEMENTIEL

Marie-Laure a étendu ses talents à l’évènementiel. Elle a notamment réalisé toute la décoration de la soirée d’inauguration du magazine VIP. Des palmes argentées au tapis rouge, elle a donné le caractère grandiose à l’ambiance de la soirée. C’est une grande passion pour la décoration et pour la mise en scène de l’espace qu’elle exerce au gré des commandes.

 

Manon Hericher
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