Le Heiva Rima’i

Publié le mardi 30 juin 2009 à 08H58

Cette année encore, la grande tradition est respectée. Les amateurs d’art polynésien viennent dénicher des oeuvres originales proposées par les nombreux artisans qui exposent à Aorai Tini Hau.

Plusieurs témoignages, un seul désir : la réussite dans l’artisanat

La 22e édition du Heiva Rima’i, ouverte le 19 juin dernier, accueillera les visiteurs jusqu’au 19 juillet prochain. Avec 111 associations, le Heiva Rima’i 2009 met à l’honneur le savoir-faire des artisans de tous les archipels de la Polynésie française. Que ce soit des Marquises, des Australes, des Raromatai, des Tuhaa Pae mais également de la Société, ce sont environ 350 artisans, spécialisés dans les domaines de la sculpture, gravure, bijouterie, couture ou encore vannerie, qui vous proposeront la création d’oeuvres originales et variées.

Le thème choisi cette année, la réussite dans l’artisanat, a su attirer les exposants traditionnels, comme Toa et Evelyne qui viennent chaque année de Raiatea pour exposer de très jolis tifaifai, et de nouveaux participants parmi lesquels certains sont réellement des témoins d’une réussite de vie grâce à cette activité. Jo Auch, qui a vécu dans la rue, s’est inscrit cette année à l’exposition justement pour démontrer qu’il a bien fait de choisir l’artisanat pour sortir de sa condition pitoyable. Quatrième d’une famille de huit enfants de Faa’a, Jo s’est vite rebellé et a “choisi” d’aller vivre dans la rue. Il avait alors 17 ans et a été pris en pitié par Bozo qui, pour fabriquer ses bijoux tressés, avait besoin de main d’oeuvre qu’il logeait et nourrissait. C’est en observant tous les membres de ce groupe qui entourait Bozo qu’il a peu à peu appris pendant sept ans plusieurs techniques comme le tressage, la sculpture ou le tatouage. Aujourd’hui, à 36 ans, Jo est heureux de pouvoir vivre de son art et d’avoir les moyens d’élever seul son fils de trois ans. Il vend ses créations dans toutes les expositions auxquelles il peut participer et aussi grâce au bouche à oreille. Preuve supplémentaire de sa réussite par l’artisanat : Jo prévoit de construire sa maison prochainement.

L’artisanat fait vivre de nombreuses familles

Clarisse Paulin, que Les Nouvelles avaient déjà interviewée lors du salon du Tifaifai à la mairie de Papeete, expose comme prévu toutes ses oeuvres à l’occasion du Heiva Rima’i qu’elle ne raterait pour rien au monde ! Seule représentante des Australes cette année, elle s’est installée dans le secteur de ses copines de Papara. Déjà réputée dans le monde de la bijouerie d’art puisqu’elle a remporté au dernier salon le 1er prix des colliers de coquillages, elle a enrôlé sa fille pour l’aider à fabriquer la parure tressée qui doit concourir dans la catégorie des bijoux tressés. Elle aussi vit complètement de son activité artisanale qui lui permet, en plus, de faire travailler à plein temps des jeunes de Raivavae, bénéficiaires de contrats Cpia.

Alain et sa femme, unis depuis 31 ans et installés depuis un an aux Marquises après avoir vendu leurs affaires, dont la patisserie le St Trop’ de Tamanu qu’ils avaient ouverte en 1998, présentent leurs créations ainsi que celles des membres de leur famille. Parmi de nombreuses sculptures marquisiennes et tapas, le tire bouchon en os sculpté est une invention d’Alain qui envisage de le présenter dans un coffret-cadeau pour les prochaines fêtes de Noël. Le Heiva Rima’i 2009 est un bon cru.

MZS

SALON

  • Le Heiva Rima’i se tient chaque année salle Aorai Tini Hau
  • Pendant un mois, les visiteurs viennent rechercher des créations originales
  • Les tifaifai, les bijoux, les sculptures marquisiennes ont toujours autant de succès.
  • Les trouvailles sont parfois surprenantes, comme le tire-bouchon marquisien en os.

PROGRAMME

Ouvert au public tous les jours de 8 à 18 heures, de nombreux concours sont organisés, notamment sur :

  • Le plus beau stand
  • La confection de parure mixte (ras-de-cou, bracelet, boucles d’oreilles, ras-de-pied)
  • La création d’une robe Pomare
  • La fabrication d’un cadre de miroir
  • La sculpture et gravure d’un tanoa (Fari’i Kava)
  • La vannerie avec la plus belle ceinture, etc… Plusieurs écoles et groupes de danses se produiront également tout au long de la manifestation.

Marie-Hélène Zanni
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