Publié le jeudi 15 janvier 2009 à 09H03
Jusqu'au 25 janvier, Jérôme Rouger est au petit théâtre de la Maison de la culture avec Furie. Le comédien propose un spectacle décalé, furieusement drôle et politiquement incorrect. Aux répliques rappelant parfois Desproges, ce (non) spectacle devrait ravir les amateurs de théâtre. Rencontre.
Il investit pendant deux semaines le petit théâtre avec son (non) spectacle

Furie, qu'est-ce que c'est ?
“C'est un spectacle comique qui se veut être un non spectacle. Il s'agit en fait d'un comédien quitté par son spectacle. Cette perte le conduira à faire sans spectacle, un spectacle aux tournures inattendues pour les spectateurs. Vous en aurez plus en venant voir, c'est plus intéressant car c'est réellement un spectacle avec lequel il faut interagir. Je l'ai conçu pour le théâtre et donc pour un public présent dans la salle.”
Justement, comment est né Furie et pourquoi un tel nom ?
“J'étais en colère lorsque j'ai décidé d'écrire Furie. J'étais au théâtre et je me suis rendu compte qu'il était devenu un véritable produit de consommation. Furieux contre l'industrie du théâtre, j'avais tout de même envie d'en faire et Furie est né. Les gens vont au théâtre pour voir un produit offert par le ou les comédien(s). Voilà en quoi Furie diffère puisqu'il y a une histoire entre le comédien et son spectacle fugueur. Les spectateurs sont là pour voir un spectacle, mais ils seront vite étonnés d'apprendre que ledit spectacle est ‘parti’. L'artiste fait intervenir indirectement le public. Pour moi, l'enjeu n'était pas de mettre les gens mal à l'aise mais plutôt qu'ils se prennent de sympathie pour le personnage. Donc, même si mon personnage s'adresse à eux, il n'en attend pas moins une réponse d'eux. D'ailleurs, il a parfois des répliques un peu fortes, mais il le dit de manière si naïve que tout passe.”
Depuis sa création en 2005, Furie a-t-il évolué ?
“Peu, mais j'ai dû modifier la fin. Avec ce spectacle, j'ai tellement voulu bouleverser les codes du théâtre que même la fin était trop différente des fins ordinaires. Elle n'était pas assez marquée et le public ne savait pas que c'était fini ! Pire, ils ne me croyaient pas lorsque je le leur disais… Ils étaient perdus. J'ai donc dû intégrer une nouvelle affaire à Furie et maintenant, ils savent quand c'est terminé.”
Furie est-il quand même bien accueilli par les spectateurs ?
“Il est plutôt bien accueilli. Le plus souvent, il les surprend et parfois il déplaît à certains, surtout aux personnes âgées. Elles se demandent ce qu'est ce spectacle non conventionnel et sans queue ni tête.”
J'étais en colère lorsque j'ai décidé d'écrire Furie
Un nouveau spectacle en projet ?
“Je pense effectivement à un nouveau spectacle mais il ne sera pas prêt avant fin 2010. Il traitera une fois de plus du capitalisme, et toujours de manière drôle. Je ne cherche pas à jouer un spectacle austère pour faire passer le message aux gens, je préfère qu'ils se prennent de sympathie pour le personnage et l'humour est un bon moyen pour cela.”
De professeur de mathématiques, vous vous êtes lancé dans le théâtre de rue avant le théâtre de salle. Allez-vous bientôt vous laisser emporter par la télévision ou le cinéma ?
“J'aimerais bien faire du cinéma ou plutôt de la réalisation cinématographique. Mais pour l'instant, je suis bien au théâtre et j'espère encore y jouer longtemps.”
Prêt à faire fureur au petit théâtre?
“Le petit théâtre est idéal car le rapport avec les spectateurs est tout à fait approprié. J'espère que Furie passera bien auprès du public polynésien.”
Propos recueillis par Jennyfer Wong
IL L'A FAIT
- Jérôme Rouger est né en 1970
- En 1998, il démissionne de l'Éducation nationale et entre au service du spectacle en créant la compagnie la Martingale. La même année, il crée le spectacle de rue, Police culturelle
- En 2003, il s'oriente vers le théâtre en salle avec Trapèze puis Furie en 2005 et Je me souviens en 2007. Furie a été joué plus de 150 fois, dans toute la France et en Belgique
- Il co-dirige le Festival Ah?, festival de théâtre contemporain
FURIE
Comédie étrange découverte au festival d'Avignon par la compagnie du Caméléon, Furie, se joue à partir de "rien". Arrivé en scène, l'artiste découvre que son spectacle l'a quitté. Sans perdre la face, il construit avec "rien" un spectacle furieusement drôle et captivant. À noter l'importance du public, sans qui, le vrai spectacle, n'aurait pas lieu d'être. C'est étrange, inhabituel, drôle et on en sort frais et stimulé par cette "opération subliminale de l'esprit du spectateur" conçue par un comédien au talent confirmé. F U R I E Jérôme Rouger, le premier artiste quitté par son spectacle.
Au petit théâtre jusqu'au 25 janvier tous les jeudis, vendredis et samedis à 19 h 30 et les dimanches à 18 h 30.
Billets en vente à Odyssey : 3 500 Fcfp adultes ; 3 000 Fcfp pour les étudiants, -18 ans et CE à partir de 10 personnes. La première semaine, 3 000 Fcfp pour tous.
Jennyfer Wong





