Publié le vendredi 17 juillet 2009 à 10H22
TARAVA RAROMATAI. Si les Tamarii Tipaeru’i ont relativement bien exécuté le leur, on regrette que Pereaitu de Paea qui, à force de vouloir en faire trop, a porté préjudice à son propre tarava.
Tipaeru’i se cherche encore et Perera’itu vogue vers le tuki. On attendait beaucoup du tarava raro mata’i du groupe Pereaitu de Paea, non à cause de son palmarès puisque c’est la première fois que cette formation paroissiale monte sur la scène de Toata. Nous étions curieux de découvrir la catégorie mélodique dans laquelle elle s’était inscrite. Si d’un côté visiblement Paea est arrivée en force avec une centaine d’éléments, force également est de constater que leur belle mise en scène n’a pas vraiment joué en leur faveur. À commencer par le ru’au qui tournait manifestement trop au himene, avec une note proche du cantique. Mais surtout le tarava raromata’i : rappelons que ce modèle de tarava est appelé ainsi parce qu’il tire son origine des îles Sous-le-Vent, avec des variantes mélodiques et rythmiques propres à chaque île. Ainsi celui de Maupiti est facilement repérable par sa cadence moins rapide que celui de Huahine et plus particulièrement du groupe aux dix titres des années 80-90 ; Tereia sous la conduite de Itae Tetaa et de la grande Mama Penina.
Dérapage raroto’a. En fait, le groupe de Pere’aitu a choisi le rythme très rapide de Terei’a, mais sans vraiment la capacité de l’assumer jusqu’au bout. Les attaques des “faa’ara’ara” sont du domaine de la précipitation. Et puis il y a surtout cette action rendue par la strate vocale des ha ‘u, évoluant sur le dernier demi-cercle extérieur. Son rôle essentiel est de donner la mesure de basse qui sert de pulsion qui rythme le tarava, lui imprime sa cadence et lui donne de la profondeur. Un tarava avec des h’au inaudibles est pratiquement un tarava mort. C’est exactement ce que Pere’aitu a fait : quittant leur position assise à proximité des micros, les ha’u se sont levés pour exécuter les sons “ahaa” alternativement avec les ha’u et en claquant des mains sur des pas de pa’oti… Comme les tuki des îles Cook. Première conséquence ; on entendait plus les ha’u car les chanteurs sont trop loin dorénavant des micros. De plus leur ha’u est considérablement raccourci. Erreur fatale que même le groupe Tamarii Fanatea a payé cher il y a cinq ans. Le grand Paimore disait à propos des ha’u : “Le remplacer inconsidérément par des claquements de mains ou d’autres cris gutturaux est un signe de faiblesse que l’on compense par des agitations”.
Tamarii Tipaeru’i se cherche encore. Mama Hareapo qui conduit le pupu himene de Tipaeru’i depuis bientôt trois ans n’a plus de complexe. Elle est devenue une raatira confirmée, et pourtant, on n’a l’impression que les Tamariii Tipaeru’i ne sont pas vraiment prêts à nous sortir un tarava de la grande époque. Et pourtant le texte et le nombre sont là. Que manque-t-il alors ? Peu de choses. Sans doute la volonté de créer une mélodie plus riche et plus complexe. Peut-être en 2010. Nous leur souhaitons en tout cas de vraiment persévérer, et surtout de se remettre en cause, Tipaeru’i méritant mieux que l’éternel deuxième-troisième place.
JM







