Publié le samedi 28 février 2009 à 09H19
Le petit-fils du mythique guitariste a su se faire un nom sur la scène musicale. Après l’Europe, New York et Dubaï, il joue au Méridien de Tahiti avec deux amis, Richard et Jean-Jacques.
Il est la tête d’affiche du Tahiti Festival Guitare

Django Reinhardt au XXe sicècle, David Reinhardt au XXIe. Un don rare aussi, celui d’envoûter le monde avec une guitare. La musique était une évidence pour le petit-fils du légendaire guitariste. Il gratte dès le plus jeune âge et se met à jouer sérieusement vers l’âge de 12 ans. Il assure ses premiers concerts réguliers trois ans plus tard. Une passion et un talent transmis par son père, Babik, fils de Django. C’est avec lui qu’il apprend la musique. “Mon père donnait d’excellents conseils. Il a toujours insisté sur la personnalité du son, du rythme. Il m’a toujours dit de jouer avec le coeur”. À la maison, durant son enfance, résonnent les notes du grand-père, mais pas seulement : “On a toujours écouté beaucoup de musiques et de styles différents. Le blues, le jazz, le classique... c’était très important selon mon père d’écouter de tout”.
À 22 ans, David a su trouver son style, se démarquant de son grand-père. “Pas question de faire le perroquet. Je ne suis pas un copieur.” Il a évolué, su s’inspirer des nouveaux courants pour sortir un album à l’identité propre. C’est du David, pas du Django, même si son jazz est “inspiré Django”. Une expression qu’il précise : “La musique de Django est unique. Il a inventé son folklore, sa technique. On a appelé ça du jazz manouche parce que les gens aiment bien trouver un casier, une étiquette. Mais c’est beaucoup plus complexe”. Pour The Way of Heart (2008), David a composé sans prétention, son jazz à lui. Il est accompagné de deux amis à l’orgue et à la batterie. Le son est doux, chaleureux et joyeux. L’album a été salué par les critiques qui ont mis en valeur la touche personnelle du petit-fils de Django.
Son nom est-il un atout ou un inconvénient ? David reconnaît avoir pu sortir un disque plus facilement que M. Tout le monde, mais souligne sincèrement que passer derrière un dieu de la gratte n’est pas chose aisée. Il réfléchit et revient sur son père : “Il en a souffert beaucoup plus que moi. Il avait 20 ans dans les années 1960. Cela semble plus facile une génération après”. À l’école, peu d’élèves connaissaient Django. “C’est quand même une musique des années 1940-50. Les profs parfois me demandaient...”. Non, son nom ne semble pas être un handicap. Un demi-siècle après le génie de son grand-père, il se fait un nom et foule les scènes du monde entier. Il a joué à Shanghai, New York, Dubaï et en Europe aussi. Mais surtout en France. Et maintenant Tahiti.
David a gravi de nombreux échelons en peu de temps. Mais il rêve encore et ambitionne de jouer avec un orchestre symphonique ou dans un big band, un orchestre de jazz composé de plusieurs cuivres. David n’envisage pas de carrière solo et recherche l’échange. D’autres rêves ? “Peut-être vivre à New York. Mais j’ignore si je bougerais si loin. On est très famille chez moi, dit-il, précisant qu’il vit avec sa mère et sa soeur en banlieue parisienne”. Le Tahiti festival guitare lui permet de rencontrer d’autres pointures de la gratte : Solorazaf pour l’afro-jazz, Éric Fernandez pour le flamenco ou encore Steve Louvat pour son blue-grass. Tous vont envoûter le Méridien de Tahiti pendant deux soirées, auxquelles participeront également les élus du Tahiti espoirs guitare. Une deuxième édition qui invite au voyage…
MC
IL L’A FAIT
- David est né en décembre 1986
- Il apprend à jouer pendant son enfance, avec son père Babik
- À 15 ans, il donne des concerts régulièrement
- En 2008, il sort un album intitulé The Way of Heart avec deux musiciens
TAH I T I F E S T I VA L G U I TARE
Le Tahiti festival guitare, organisé par le collectif Tahiti Rock, a réuni des pointures nationales et internationales pour cette deuxième édition. À côté des formations locales Orohena Sons et Duende trio, se produiront Solorazaf (affor jazz), Éric Fernandez (flamenco), Steve Louvat (blue-grass, picking) et David Reinhardt (gypsy jazz). Les espoirs guitares sélectionnés pourront tenter de séduire le public.
Au Méridien encore aujourd’hui à 18 h 30. 2 500 Fcfp (une boisson comprise).






