Aquarela

Publié le samedi 12 septembre 2009 à 10H34

Bossa nova, samba, funk et música popular do Brasil (MPB), un répertoire exclusivement brésilien pour le plus grand plaisir des aficionados. Rencontre avec Bruno (chanteur), Gilles (percussionniste), Mickaël (bassiste) et Patrick (guitariste).

Le groupe est en concert, ce soir, au Hilton Tahiti, de 18 à 22 heures

Vos premiers concerts ensemble datent du début de l’année. Hormis le groupe de percussions de l’école Batukaina, qui se produit occasionnellement pour des spectacles, vous êtes les seuls à jouer de la musique brésilienne à Tahiti. Comment le reçoit le public ?

Bruno : “La musique brésilienne est très gaie, très joviale, c’est un peu une “musique soleil”, qui colle assez bien avec l’atmosphère qu’il y a ici. Elle plonge très rapidement dans une ambiance de fête et les gens ont l’air d’apprécier.”

Mickaël : “Ce que l’on aimerait, c’est que les gens osent plus bouger, qu’à chaque fois que l’on joue, tout le monde se mette à danser…”

Patrick : “À première vue, la musique brésilienne, c’est un peu comme Brassens : on a tendance à croire que c’est toujours le même style mais quand on tend oreille, on se rend compte que c’est très varié, rythmé et mélodieux.”

Gilles : “C’est une musique très riche en harmonies, qui présente beaucoup de similitudes avec la musique polynésienne. D’ailleurs au Brésil aussi, ils ont leur bringue, la “magote”, où ils jouent du “cavaquinho”, l’équivalent du ukulele… C’est peut-être ce qui fait que le public s’y retrouve, la musique fait partie, comme ici, de la culture populaire.”

Vous touchez à tous les styles, comment composez-vous votre répertoire ?

Bruno : “Tous azimuts, Jorge Ben, Gilberto Gil, Jorge Aragão, Seu Jorge, João Gilberto… On fait des reprises de standards que les gens connaissent, des incontournables, et on joue aussi des choses moins réputées, comme la Musique populaire brésilienne, qui met plus en avant les percussions…”

Patrick : “…Et qui est beaucoup plus chantée aussi. Au départ on était davantage sur des morceaux instrumentaux. Depuis nos débuts, notre répertoire s’est enrichi.”

On a tendance à croire que c’est toujours le même style, mais non

Vous composez aussi ?

Patrick : “C’est en train de se faire, doucement. Disons qu’on a commencé par faire nos classes…”

Bruno : “Composer de la musique brésilienne, c’est beaucoup dire. Pour l’instant on s’inspire de ce que l’on entend et on essaie d’ajouter nos touches.”

Vous mettez un point d’honneur à ne pas faire du copier-coller des morceaux que vous reprenez ?

Gilles : “Les standards ont déjà tous été repris de mille façons différentes par des Brésiliens donc on choisit d’abord la version que l’on préfère et ensuite effectivement, on essaie de la mettre à notre sauce.”

Patrick : “Il y a forcément une phase d’assimilation, d’imprégnation, et dès que l’on maîtrise les morceaux, on arrive à les personnaliser un peu. Mais c’est une musique tellement riche que ça demande beaucoup de travail car on essaie aussi de rester au plus près de la culture brésilienne.”

Pas forcément évident quand on est de culture française ?

Bruno : “C’est pour ça qu’il faut rester humble. C’est un univers dans lequel on a tout à apprendre. C’est un vrai challenge mais en même temps on ne peut que progresser. Ce qui est intéressant c’est qu’on a beaucoup d’amis brésiliens qui contribuent depuis peu à nos playlists. Ils nous ont demandé des morceaux, nous en ont fait découvrir d’autres. C’est très enrichissant et on est très à l’écoute de leurs retours.”

Vous n’avez jamais pensé à mélanger les genres, à intégrer des capoeiristes pendant vos shows par exemple ?

Bruno : “C’est tout à fait dans notre esprit. Gilles nous a appris à tous à jouer des percussions et on essaie de créer une synergie en intégrant la musique de Batukaina dans Aquarela. Le panachage des disciplines se fait aussi quand on joue au Hilton : des danseuses et des jongleurs de feu se produisent avec nous. On est d’ailleurs très demandeurs d’essayer de greffer d’autres artistes, d’autres éléments de la culture brésilienne, à notre musique. Les capoeiristes cachés sont donc les bienvenus sur scène avec nous.”

Manon Hericher

ILS L’ONT FAIT

  • Gilles est professeur de percussions brésiliennes dans les écoles Batukaina qu’il a créées, en 2003 à Papara et fin 2008 à Papeete
  • Mickaël est installateur privé en télécommunications pour les entreprises
  • Patrick donne des cours particuliers de guitare depuis qu’il a oublié de rentrer en métropole
  • Bruno travaille dans un bureau d’études sur l’eau et l’environnement
  • Jean-Christophe est directeur d’une société d’informatique 4 Ils sont tous tombés dans la musique étant petits et ont créé Aquarela en novembre 2008

CALENDRIER

Initialement programmé pour la première partie de Marina, place To’ata, le groupe a été contraint d’annuler son concert en même temps que la chanteuse. Pour autant les dates ne manquent pas pour les mois à venir. Le 3 octobre, c’est la prochaine à réserver : l’hôtel Hilton organise une soirée aux couleurs du Brésil. L’école Batukaina et Aquarela partageront la scène pour l’occasion. Danseuses brésiliennes et danseurs de feu seront également de la partie. Aquarela reviendra au Hilton les 10 et 24 octobre et sera aux 3 Brasseurs samedi 17 octobre. Pour tout renseignement, contactez Gilles (71.99.59), Bruno (29.80.25) ou Micka (717.404).

Manon Hericher
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