9 Semaines et 1 Jour

Publié le jeudi 19 février 2009 à 09H39

Journaliste et passionnée de musique, Marijosé Alie-Monthieux a créé en 2005 l’émission 9 Semaines et 1 Jour. Aujourd’hui directrice culture et coopération de RFO, elle revient sur la nécessité de créer une nouvelle formule de l’événement pour assurer sa pérennité.

Le concours fait peau neuve

Pour cette 5e édition, il a été décidé d’apporter une évolution à l’organisation de la production de 9 Semaines et 1 Jour. Quelle est-elle ?

“Les quatre premières années, on a monté dans chaque pays d’outre-mer un concert avec huit artistes sélectionnés par un jury local. Le concert était retransmis en direct et donnait aussi lieu à un documentaire diffusé pendant neuf semaines (comme neuf départements ou territoires d’outre-mer) chez les uns et les autres. Pour ne pas épuiser le quota des artistes par pays trop rapidement, on a décidé cette année de faire un concert par bassin. Dans le Pacifique par exemple, Wallis, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie proposent chacun quatre artistes qui vont faire le voyage jusqu’à Nouméa pour un concert qui sera capté sur les chaînes. Le jury et le public choisiront ensuite un artiste par pays qui fera le voyage jusqu’à Paris.”

À partir de là, ça se passe comme les autres années ?

“Oui, les candidats sélectionnés travailleront de la même manière avec un groupe à Paris pour les répétitions avant de monter sur la grande scène de La Rochelle pendant les Francofolies pour faire le Dom Tom Folies : le “1 jour” de la manifestation.”

D’où vous est venue cette idée de monter 9 Semaines et 1 Jour ?

“Je suis musicienne et j’ai eu un jour la chance de jouer et de chanter à La Rochelle et le jour où ça m’est arrivé, je me suis dit qu’il fallait vraiment que tous les artistes qui ont des choses à dire puissent se retrouver face à l’enthousiasme d’une foule de 15 000 personnes. Des gens qui ne les connaissent pas, mais qui tombent sous le charme de leur musique parce qu’ils ont des choses qui leur sortent du creux du ventre, du fond de leur pays, à dire au reste du monde.”

C’est l’artiste et la responsable de la culture de RFO qui a décidé d’agir ?

“RFO a la chance d’être implanté dans neuf pays éclatés dans le monde avec des identités culturelles complètement différentes et porteuses, chacune, d’un message au niveau culturel. Ça m’a donc paru intéressant de monter ce projet. C’est la 5e édition cette année, c’est un réel miracle car au départ personne n’y croyait.”

Il a été difficile à mettre en place ?

“Il a fallu ouvrir l’esprit des professionnels de la commercialisation de la musique dans le monde qui, pour des raisons de facilité et parce que souvent ils sont enfermés dans leurs propres univers, n’arrivent pas à élargir leur vision pour accueillir toutes les musiques du monde et à sortir de l’idée que les pays d’outre-mer ne peuvent faire que du folklore. Ça n’a pas été facile de faire accepter que, dans chaque pays, il y a de la musique. Mais je pense que ça a changé la vision de la “musique du monde” de tout ceux qui ont vu 9 Semaines et 1 Jour.”

L’essence du concours, c’est aussi de pouvoir donner une identité à ces musiques, autre que l’étiquette “musique du monde”, non ?

“9 Semaines et 1 Jour, c’est une aventure humaine extraordinaire mais aussi et surtout une aventure musicale vraiment porteuse parce qu’elle donne à découvrir des musiques que l’on ne connaît pas, des univers que l’on ne connaît pas. Le zouk était connu, mais on connaissait moins la musique de l’océan Indien, du Pacifique… Les gens découvrent qu’il y a une vraie dynamique musicale métisse et ça développe des envies, des désirs, des rêves qui vont se réaliser. Moi, je crois aux moteurs, et 9 Semaines et 1 Jour, c’est un moteur. Là, la diversité musicale existe, elle est représentée par quelque chose de tangible et en plus elle donne du bonheur aux gens. C’est la vie comme on aimerait qu’elle soit. Se priver de ça et s’enfermer dans des présupposés très convenus, c’est se tuer culturellement. Ces artistes font de la musique avec une créativité extraordinaire et une identité réelle. Je pense que l’outre-mer, c’est la richesse de la France et qu’elle a tort de ne pas en profiter.”

Propos recueillis par Manon Hericher

ELLE L'A FAIT

  • Elle commence sa carrière journalistique dans les années 70 à l’Office de radio et télévision française (l’ORTF).
  • Au début des années 1980, elle compose le titre Caressé moin, la première chanson créole inscrite au Top 50 en France, qui l’amènera à découvrir la scène de La Rochelle.
  • Soucieuse de promouvoir les artistes d’outre-mer, elle conçoit l’émission 9 Semaines et 1 Jour qui sera lancée en 2005.
  • Aujourd’hui directrice de la culture et de la coopération au sein de RFO, Marijosé présente aussi des émissions sur la chaîne France Ô.

CASTING

Pour participer au concours 9 Semaines et 1 Jour, vous avez jusqu’au 28 février pour déposer deux morceaux sur CD, dont une composition originale, ainsi qu’une photo (pas de photo d’identité) à RFO. Huit candidats seront présélectionnés pour participer à un casting, début mars, qui retiendra les quatre artistes qui partiront concourir à la finale par bassin organisée en mai, à Nouméa. Pour plus de renseignements, contactez Martine de RFO au 73.04.85 et consultez le site Internet http://www.9s1j.rfo.fr

Manon Hericher
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