Feb
06
2010
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Grand chelem pour la ministre de l’Outre-mer malgré une visite bouleversée par le cyclone Oli. Une situation de crise qui, finalement, a été une bonne occasion pour Marie-Luce Penchard de faire la démonstration de l’engagement de la France aux côtés du Pays, de la solidarité nationale par le biais de l’engagement du fonds de secours aux sinistrés, et de l’importance de la présence des moyens matériels et humains des services de l’État pour la protection et le secours des populations. La démonstration ne pouvait guère être plus concrète, et la ministre ne s’est d’ailleurs pas privée d’aller la concrétiser elle-même sur le terrain des sinistres, présente sur tous les fronts, à Tahiti, à Bora Bora, et aux Australes hier, quelques heures après les ravages d’Oli. Grand chelem pour la ministre de l’Outre-mer, qui n’en a pas pour autant perdu de vue l’objectif premier de son voyage : la signature de la réforme de la DGDE avec le président du Pays. C’est chose faite. Ainsi, en à peine deux mois, Marie-Luce Penchard aura-t-elle réussi à mener à terme les deux principaux dossiers qui préoccupaient l’équipe Sarkozy en Polynésie : la concession aéroportuaire de Tahiti-Faa’a, confiée à la société Egis, et la réforme de la DGDE. Sans grande résistance d’un Gaston Tong Sang surtout préoccupé de faire bonne figure à Paris et de profiter de l’appui de son “ami Sarkozy” pour s’imposer comme le nouveau leader autonomiste du pays avec le soutien de l’UMP. Ainsi jeudi soir, GTS a-t-il finalement signé avec la ministre la réforme de la DGDE telle que proposée par le Gouvernement central, en remballant ses velléités. Il faut dire aussi que Bercy n’est plus d’humeur à tergiverser avec une Polynésie qui n’a eu de cesse de donner la preuve politique de son incurie. Dès lors, c’était plutôt à prendre ou à laisser. C’est pris. La rente Chirac- Flosse est enterrée, au profit de “trois nouveaux instruments financiers qui seront définis dans la loi de Finances pour 2011” pour un montant total de 18 milliards de Fcfp. Les Nouvelles ont pu se procurer cette “déclaration commune entre l’État et la Polynésie française portant réforme de la dotation globale de développement économique”. Le document cosigné fixe “le cadre d’un partenariat rénové et confiant” par lequel l’État et la Polynésie “affirment leur volonté de construire ensemble des relations financières guidées par les principes fondamentaux que sont le respect de l’autonomie conférée à la Polynésie française, la priorité au développement économique et social, la solidité et la stabilité des relations financières”... sans oublier “la transparence dans la gestion et le contrôle des fonds publics.” Un contrôle qui trouve toute sa portée dans le “3e instrument”, baptisé “dotation relative aux investissements prioritaires” qui portera sur 34% du montant versé. De dotation, elle n’a que le nom, puisqu’elle fera en fait l’objet d’une convention sur une durée pluriannuelle. Convention très encadrée. Il est fixé que “la bonne exécution et le suivi” de cette convention “seront confiés à un comité de pilotage composé de représentants de l’État et de la Polynésie française”. Et pas question de verser le moindre centime sans “avancée réelle des travaux”. Les factures seront par ailleurs réglées “sur présentation des pièces justificatives”. Le “2e instrument”, la dotation territoriale pour l’investissement des communes de Polynésie française (DTIC-PF), pour 6% du montant versé, est lui aussi circonscrit, puisqu’il ne pourra servir qu’“au financement des projets de traitement des déchets, d’adduction en eau potable et d’assainissement des eaux usées.” Reste tout de même en “libre emploi” au Pays le plus gros de l’enveloppe : les 60% du 1er instrument, qui ne s’appellera finalement pas DGA, mais “dotation de fonctionnement de la Polynésie française (DF-PF)”. Tous ces outils seront indexés selon les mêmes modalités que les DGF ou DGE versées aux collectivités territoriales de la République, et l’État s’engage par ailleurs “à soutenir plus largement l’effort d’investissement” de la Polynésie, par le biais des contrats de projets, et des prêts de l’AFD. Mais là encore, pas question de donner à fonds perdus. Avant de répondre aux demandes d’emprunt du Pays pour 2011, une “mission d’expertise et d’appui” viendra prochainement en Polynésie passer à la moulinette le budget du Pays et la gestion de ses SEM Nui, avant de faire ses recommandations. Et pas n’importe quelle mission. Du lourd, puisqu’elle sera composée de l’Inspection générale des Finances, de l’Inspection générale de l’Administration et de l’Inspection générale des Affaires sociales. Rien que ça... La nouvelle ère des relations financières entre l’État et la Polynésie va bien au-delà désormais du “qui paie contrôle”. Voici venu le temps du “on contrôle d’abord, et on paie éventuellement après”... Muriel Pontarollo Commentaires (2)
![]() Par Poea, février 07, 2010
Poser autant de règles contraignantes pour l'utilisation des fonds publics est une bonne chose, je pense. Cela obligera les hommes politiques de ce pays à faire l'impasse sur les quelques conseillers aux bras cassés qui coûtent extrêmement cher à la collectivité mais qui, concrètement, ne lui apportent rien. Ils devront donc, au pire, mettre des personnes compétentes pour gérer toutes ces enveloppes en bon père de famille, au mieux, placer des fonctionnaires créatifs capables, sur le long terme, de donner de la visibilité aux politiques territoriales. Il faut absolument nettoyer les écuries!!!
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Quant au président français, on ne le remerciera jamais assez d'avoir entendu certaines voix dans les départements d'Outre-mer et ici-même, réclamant un ministre ultra-marin pour l'Outre-mer et en plus une femme, ce qui a manifestement fait la différence, l'avenir devrait le confirmer en matière de déblocage de fonds de l'Etat en faveur de l'île dévastée de Tubuaï notamment.