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Feb
02
2010
Lever de rideau PDF Imprimer Email
L'actu du fenua en un clin d'oeil - Le billet

Si le style est moins rentre-dedans frontal que son prédécesseur Yves Jégo, la ministre de l’Outre-mer Marie-Luce Penchard ne fait pas non plus dans le papier cadeau pour enrober ce qu’elle est venue signifier aux élus polynésiens. Un ton “coup de poing dans un gant de velours” qui tranche aujourd’hui avec les discours d’un Gaston Tong Sang très appliqué à nous resservir du “Mon Ami Sarkozy” dans la même veine que les “Mon Ami Jacques” qui firent longtemps le bonheur de Gaston Nui. Fini tout ça. À Paris, on ne confond plus partenariat et amitié, pragmatisme et affectif, autonomie assumée et autonomie de main tendue. “Fini la comédie”. Sarko l’a dit, son ancienne conseillère vient frapper les trois coups du lever de rideau pour le renouveau des relations État-Polynésie.

Premier coup : l’État n’est plus une Danaïde condamnée à verser sans fin des fonds dans le tonneau sans fond du budget de la Polynésie. Au gouvernement local de prendre ses responsabilités, qu’il s’agisse de ses frais de fonctionnement, de ses choix de développement, de la matérialisation de solides projets structurants et, bien sûr –ce n’est pas clairement dit encore mais ça ne saurait tarder–, d’avoir le courage politique de repenser son régime fiscal. Y’a pas de secret, la Polynésie ne pourra faire l’économie d’une réforme de sa fiscalité, ne serait-ce que pour financer sa protection sociale.

Deuxième coup : Oscar l’avait tenté, Tong Sang comptait l’obtenir, mais les espoirs d’une rallonge de 2 milliards de Fcfp de la DGDE s’amenuisent. En plein débat sur la réduction drastique des déficits publics en France, la réunion interministérielle qui s’est tenue sur la réforme de cette fameuse rente nucléaire, le “milliard” (FF) Chiraco-Flossien, n’a pas penché en faveur d’une nouvelle surenchère. La Polynésie paie le prix de la gabegie. La DGA nouvelle formule risque fort de rester contenue dans son enveloppe de 18 milliards de Fcfp. Avec tout de même cette fois une indexation annuelle, et l’engagement de l’État de régler sa “dette” de 8,2 milliards sur les DGDE passées en deux ans plutôt que cinq. Un peu de beurre immédiat dans les épinards... Pas sûr pourtant que la proposition de la ministre passe comme dans du beurre, notamment du côté Tahoeraa de la force. Pour Tong Sang en revanche, assis sur une majorité bancale dont personne ne sait si elle survivra à la bataille du perchoir en avril, la signature immédiate de cette DGA s’impose comme une urgence politique. Ça fera toujours bien sur un CV de future tête de liste qui cherche à s’imposer en leader des autonomistes.

Troisième coup : pour l’élection du président du Pays au suffrage universel direct, il va falloir oublier ses rêves de grandeur. Et revenir là encore sur le terrain de la responsabilisation, en oubliant Merlin l’enchanteur et ses illusionnistes. Quant à la réouverture du chantier statutaire, pour une troisième modification en cinq ans du mode de scrutin et de l’organisation du fonctionnement des institutions, elle ne tient pas plus de la baguette magique. La réforme de la dernière chance plutôt.

Muriel Pontarollo

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Commentaires (1)Add Comment
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Par Etn, février 03, 2010
Excellente anaylyse, Muriel, en plein dans le mil. Fni les rèves de monarque etc...au boulot les gars, réduction radicale de leur train de vie à tous le niveaux...a commencer par 'assemblée, l'exécutif et son gouvernement, de ses filiales et agences administratives onéreuses et improductives, qui ne cessent de pomper du fric de la collectivité depuis des décennies, pour forger un empire d'aristocratie locale...La fin d'une ère d'assistanat est désormais de l'histoire. Maintenant, il faut assumer cette autonomie élargie jusqu'au bout, avec compétence, intégrité, respect et de justice pour tous.
Maintenant, c'est du sérieux..
Faaitoito!

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